La crise économique et financière internationale semble peser de plus en
plus sur l'OPEP. Le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, a
affirmé hier à Arzew, en marge de la cérémonie de remise des diplômes aux
lauréats de la 1ère promotion de techniciens vénézuéliens sortie de l'Institut
algérien du pétrole (IAP), qu'une nouvelle réduction de l'offre du cartel était
« fort possible » au cours du prochain sommet du 15 mars à Vienne. « Le Sommet
de Vienne aura comme ordre du jour, de revoir le marché pétrolier à la lumière des
derniers événements depuis la rencontre d'Oran.
La conférence va prendre les décisions nécessaires pour stabiliser le
marché », a annoncé Chakib Khelil. Il a concédé toutefois, que les trois
dernières réductions de l'offre de l'OPEP, dont la plus importante a été prise
le 17 décembre dernier à Oran (moins 2,2 millions de barils/jour), n'avaient
pas réussi à stopper la dégringolade des prix.
« Le marché va faiblir encore durant le deuxième trimestre avant de se
renforcer durant les 3ème et 4ème trimestres », anticipe-t-il. Au vu de la
consistance de la récession de l'économie mondiale et notamment après la
publication, au début de la semaine, des « performances » peu rassurantes de
l'économie américaine, le cartel aura la partie fort difficile pour relever les
cours du baril au « prix juste » de 75 dollars. « La crise économique mondiale,
très profonde, a généré une faiblesse de la demande sur toutes les matières
premières y compris le pétrole. Il y a eu un déclin de la croissance mondiale
de 5 % à seulement 2 % », regrette le ministre. Sur sa lancée, il a avoué que
les perspectives d'une reprise de l'économie mondiale dans les tout prochains
mois restent « incertaines ». « Personne ne sait quand ça va reprendre », lâche
le ministre.
Les trois réductions successives de l'offre du cartel depuis septembre
dernier (moins de 4,2 millions de barils/jour) apparaissent aujourd'hui comme
un coup d'épée dans l'eau. Certes, ces baisses de production auraient endigué
l'effondrement des cours des hydrocarbures, mais le prix actuel du baril donne
du fil à retordre pour les membres du cartel, dont les économies sont largement
tributaires des exportations de pétrole, à l'exemple de l'Algérie. Selon le
ministre, l'OPEP s'attend à une baisse structurelle de 1,2 million de
barils/jour durant le deuxième trimestre qui risque, cette fois-ci, d'être
accompagnée d'une baisse saisonnière supplémentaire. « S'il y a faiblesse des
cours du brut sur le marché, il est normal d'aller vers une baisse de notre
production », justifie Chakib Khelil. Questionné sur le respect des quotas, il
a soutenu que tous les membres du cartel montrent un « engagement » certain. «
La dernière baisse de 2,2 millions de barils/jour décidée au Sommet d'Oran a
été appliquée à 100 % par les membres de l'OPEP », estime le désormais ancien
président du cartel.
Il y a lieu de noter que la cérémonie de remise des diplômes pour la
première promotion de 42 techniciens vénézuéliens s'est déroulée hier matin, à
l'Institut algérien du pétrole (IAP) d'Oran, en présence du vice-ministre
vénézuélien du Pétrole, de l'ambassadeur du Venezuela en Algérie, du P-DG de
Sonatrach et du directeur de l'IAP. Il s'agit d'une première promotion de
techniciens supérieurs vénézuéliens, formés par l'IAP dans les métiers du gaz
et du pétrole dans le cadre d'une convention conclue en octobre 2007 à Caracas
avec la compagnie étatique vénézuélienne (PDVSA). Le Venezuela avait été
contraint de recourir à l'expérience algérienne en matière de formation, après
le départ massif de 18.000 spécialistes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Sofiane M
Source : www.lequotidien-oran.com