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"Khaled est un artiste qui a fait rêver toute une génération"



Le chanteur Ayoub Medjahed revient sur le devant de la scène avec le single "Money", qu'il dédie à tous ces jeunes livrés à eux-mêmes et sans perspective. Le titre annonce également le renouveau du chanteur qui adopte un nouvel univers musical, différent du raï roots et du asri desquels il s'inspirait. Dans cet entretien, il partage aussi ce souvenir marquant avec le King Khaled sur la scène de la Coupole en 2014. Une référence absolue pour lui et tant d'artistes de sa génération.Liberté : Vous venez de sortir votre dernier single Money qui est une description de la réalité de beaucoup de nos jeunes : chômage, pauvreté, absence de perspective...Qu'est-ce qui a inspiré cette chanson et que représente-t-elle pour vous '
Ayoub Medjahed : Nos jeunes ont beaucoup d'ambition et sont toujours à la recherche de nouvelles perspectives dans la vie. Mais ce n'est pas évident, surtout quand on n'a pas les moyens (financiers) pour le faire. Il y a aussi ce conflit de générations qui prévaut encore, et la fameuse réplique des anciens : "Moi, quand j'avais ton âge, je...". C'est vrai que rien ne tombe du ciel dans la vie, il faut travailler dur, mais beaucoup de nos jeunes sont au chômage. Ma chanson Money est une manière un peu ironique de parler d'argent.
Vous avez dit que la sortie de ce nouveau titre amorcerait "une nouvelle direction musicale". Quel est ce nouvel objectif que vous vous tracez '
Mon premier album Sili ya mtar est un album avec un univers musical particulier, puisqu'il raconte un bout de mon histoire. Mais avec Money, c'est le début d'une autre, d'un nouvel univers et des sonorités différentes, toujours en laissant mon cachet transparaître. J'ai aussi ajouté quelques surprises à tout ça, je n'en dirai pas plus pour le moment.
Sili ya mtar, votre premier album sorti en 2017, a été réédité l'année dernière chez Tahat Records, pourquoi ce choix '
J'ai enregistré cet album chez les studios Tahat Art, j'ai toujours aimé travailler avec l'équipe de Tahat Prod, notamment avec Yanis Djama qui est l'arrangeur de l'album, et qui pour moi est un génie de l'arrangement. J'ai la chance de travailler avec lui et d'en apprendre beaucoup. Je tiens aussi à saluer H qui fait partie de l'équipe et qui est un des "cerveaux" de l'opération Money.
Vos empruntez beaucoup aux styles asri et raï roots, avec une touche jazzy. Comment décririez-vous votre style justement '
Honnêtement, je ne me fixe jamais de style, je laisse mon inspiration m'emmener là où elle veut. Mais il est vrai que j'aime beaucoup ce mélange entre la musique algérienne et occidentale.
En parlant d'influence, Khaled en est une pour vous. Il vous a soutenu au début de votre carrière...
Effectivement, j'ai eu la chance d'être son invité sur la scène de la Coupole d'Alger en 2014. On avait chanté S'hab el-baroud. C'est un moment très important de ma carrière que je n'oublierai jamais. Khaled est un artiste qui a fait rêver toute une génération d'artistes de par son parcours et sa musique.
C'est aussi un artiste qui a travaillé dur pour arriver à ce statut international. Je pense que tout artiste rêve de faire une carrière comme la sienne. Il n'y a pas de secret à cela, il faut beaucoup de travail et beaucoup de patience aussi.
Êtes-vous souvent en contact ' Vous prodigue-t-il des conseils '
Nous n'avons pas un contact régulier, mais parfois quand il vient en Algérie on se voit et on discute. Souvent son conseil, c'est de travailler très dur.
Vous avez été repéré par feu Yazid Aït Hamadouche il y plusieurs années. Un journaliste qui a beaucoup donné aux artistes de la nouvelle génération dont vous faites partie...
Aujourd'hui, si je continue à croire en ce que je fais, c'est en grande partie grâce à Yazid, Allah yarhmou. À mes débuts, c'est lui qui m'avait aidé et encouragé à travailler davantage. Il n'a jamais cessé de le faire. Il nous manque à tous, qu'il repose en paix.
Les artistes ne font plus de scène depuis bientôt deux ans. Comment vivez-vous cette période, loin de votre public '
Depuis le début de cette pandémie, on peine à travailler, c'est certain. Personnellement, cela fait presque deux ans que je n'ai pas fait de scène. Et les conséquences sont là, ça a un impact sur nous en tant qu'artistes, surtout pour ceux qui ne vivent que de ça.

Entretien réalisé par : Yasmine Azzouz
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