
Les Kalaâouis se sont donné rendez-vous hier vendredi à l'hôtel Les Abbassides de Palm-Beach (commune de Staouéli), station balnéaire située à quelques encablures à l'ouest d'Alger. Objet de la rencontre : débattre du programme d'action pour l'année 2017 mis au point par l'association culturelle des Ath Abbas.Le nombre des invités (plus d'une centaine) est en lui-même un événement en ce sens que la plupart d'entre eux sont venus de divers endroits du pays. Et pas seulement puisqu'il faudra noter aussi ceux qui ont tenu à venir de lointaines contrées comme les Etats-Unis ou le Canada. Ce n'est pas la première fois que les membres de cette association, culturelle tient-on à souligner, bat le rappel de ses troupes pour faire un état des lieux. Gros avantage, le lieu de la rencontre est bénévolement mis à la disposition de l'association avec prise en charge totale.L'enjeu est toutefois de taille puisqu'il s'agit de sauver la Kalaâ de Benis Abbas où repose le père de l'insurrection de 1871, en l'occurrence Mohamed El Mokrani avec Cheikh Aheddad. Ainsi, un appel aux enfants de la Kalaâ est lancé, sous forme de SOS (c'est dire l'urgence !) compte tenu de l'effondrement accéléré du vieux bâti, image de désolation de ce que fut la cité du royaume des Bénis Abbas.L'hémorragie continue de ses habitants risque d'en faire un village fantème livré aux vents et aux ”? dépôts d'ordures ménagères de toute sorte. 7 000 personnes y vivaient dans les années 1950. Ils ne sont aujourd'hui que 300 habitants permanents. C'est Ali Haroun lui-même natif de la Kalaâ qui a ouvert cette rencontre d'une journée. Une minute de silence suivie de la lecture de la Fatiha à la mémoire du défunt général-major Hocine Benmaâlem, a été observée dans une atmosphère faite d'émotion à fleur de peau.Il est à noter que le défunt était président d'honneur de l'association. Ali Haroun lui succédera. Il faut, dira-t-il, préserver le berceau de nos ancêtres qui a subi de nombreuses destructions au cours de l'Histoire, la plus récente étant celle causée par l'armée coloniale française en janvier 1958. Il mettra aussi l'accent sur le caractère industriel de la cité, citant pour cela le témoignage d'un historien anglais le Dr Shaw : fabrication d'armes, etc.L'orateur n'a pas omis de revenir sur la répression féroce qui a suivi l'insurrection de 1871 (pour certains, c'était une véritable guerre contre l'occupant), et notamment les têtes des Kabyles à la pointe des épées promenées de village en village pour terroriser et soumettre définitivement la population. En vain d'ailleurs puisque la région va de nouveau se dresser contre le colonisateur à la faveur de la montée en puissance du mouvement nationaliste. Pour preuve, les exilés de Nouvelle Calédonie et ailleurs.Ali Haroun fera observer à la fin que cette rencontre est «une réunion de bonne volonté», hors cadre de l'association qui n'a pas les moyens pour l'organiser. Bien sûr, la polémique sur les origines des uns et des autres descendants de la Kalaâ des Ath Abbas a surgi sans que l'on s'y attende où la passion pouvait faire dévier l'objectif de la rencontre faite de retrouvailles et de fraternité. Laissez l'histoire de la Kalaâ aux historiens. C'est tranché !Dans le court et moyen terme, il s'agit de réfléchir à un plan de sauvegarde dans le respect des spécificités afin d'en faire par là même un haut lieu du tourisme. Un appel du pied est fait aux grosses fortunes abassides, nombreuses dit-on, pour qu'elles mettent un peu plus la main à la poche pour le bien des nécessiteux qui sont légion, par ailleurs, dans les villages en dehors de la Kalaâ. Des orateurs comme le président de l'APC de Ighil-Ali, dont relève la Kalaâ, ou son adjoint crieront la détresse de beaucoup de leurs administrés qui manquent de tout. Le silence dans la salle qui a accompagné leurs interventions en dit long sur leur connaissance des multiples souffrances de leurs parents, cousins ou alliés d'où l'urgence des initiatives salvatrices à prendre à brèves échéances. Il n'en demeure pas moins que ces «gardiens du temple» profitent déjà de l'électricité et du gaz. On attend énormément de l'arrivée de l'eau dans les robinets pour, enfin, remiser les jerricanes acheminés à dos de mulet ou achetés à un prix onéreux aux camions-citernes.Le programme d'action 2017 pour la Kalaâ des Ath Abbas comporte plusieurs volets tous aussi utiles, vitaux pour certains et capables de «panser les blessures de ses enfants».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim Taouchichet
Source : www.lesoirdalgerie.com