Alger - Revue de Presse

Kader Kada revisite Sacco et Vanzetti



En attendant la Biennale de la Mekerra Kader Kada, le cinéaste et homme de théâtre algérien entame une plongée passionnée dans ce qui a été la tragédie de Sacco et vanzetti, ces deux émigrés italiens aux Etats Unis, condamnés à mort le 21 août 1927 dans un procé expéditif, tendancieux et injuste. Une affaire dont l’écho bouleverse encore jour pour jour la mémoire américaine et mondiale. C’était un procès aussi qui reflète une vérité, la liberté blessée ne meurt jamais et ceux qui la bafouent n’auront aucun repos ni sur terre ni au-delà. Contacté, Kader nous confiera que le synopsis se base plus sur l’aspect «humain» , décortiquer le sentiment d’injustice qu’on éprouve d’autant qu’il coïncide avec ce qui est inhérent à l’exil, loin du pays, miné par la discrimination raciale et autres iniquité, en outre porté par un idéalisme. Tentative également pense Kada de réactualiser tout un contexte d’une certaine Amérique blanche et d’apporter un nouvel éclairage dans ce monde globalisé, un peu pour rafraîchir les mémoires. Rappelons que Kader Kada est natif de Sidi Bel Abbès, très tôt traversant la mer et osant l’aventure artistique sur les bords de la Seine. Il a pu s’enraciner dans le milieu parisien en préservant sa belabasianité, toujours suivant les airs du pays, recréant ou participant dans des œuvres typiques entre identité et projection sur le futur. Son répertoire témoigne pour lui, on le verra entre autres dans le film tonitruant des années 80 «Prends dix mille balles et casse-toi» de Mahmoud Zemouri, «L’honneur de la tribu» d’après le roman de Rachid Mimouni, dans une série de «Navarro» aux côtés de Roger Hanin, une virée dans le théâtre en tant que comédien s’illustrant dans des spectacles de l’actualité brûlante «L’Algérie en éclats», «La guerre de deux mille ans» de Med Hondo... Bref, il se situant dans l’art engagé. Son rêve le plus fou reste la biennale, festival de cinéma des deux rives de la Mekerra. Une idée proposée en Algérie notamment à sa propre ville lors de l’inauguration de la cinémathèque et par laquelle, il compte implanté avec des cinéphiles une tradition du 7eme art d’abord au pays de Ahmed Zargui et de Slim. A ce propos, il pense que cela achève un effort d’une vie consacrée à cette belle chose qu’on appelle «le grand écran». Pour peu soulignera t-il que les responsables culturels prennent en charge cette perspective dont l’intérêt s’étend sur un plan international. Kader croise les doigts, en attendant, il en est à son nouveau projet sur Sacco et Venzetti et espère atteindre un nouveau palier dans son évolution artistique. Comme dans d’autres artistes émigrés, l’énergie est de mettre tout en «œuvre» pour s’ouvrir au «néo-réalisme» algérien. Ahmed Mehaoudi
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