Alger - Revue de Presse

Justice Journée de protestation des avocats le 10 juin



Le bâtonnier national, M. Abdelmadjid Sellini en appelle à l'arbitrage du président de la République pour mettre un terme à une situation préjudiciable à l'Etat de droit. « Le mot défense n'existe pas dans le lexique juridique dans notre pays» a ironisé hier, le bâtonnier d'Alger et président de l'Union nationale des barreaux d'Algérie Abdelmadjid Sellini, lors d'une conférence de presse tenue au siège du Conseil de l'ordre à Alger. Cette conférence provoquée à la demande du bâtonnat national, selon M.Sellini, « vient pour éteindre le feu au sein de la corporation des avocats» C'est un véritable réquisitoire auquel s'est livré, le bâtonnier national contre la Chancellerie à laquelle il est reproché d'avoir peu à peu confiné la fonction de la défense dans le système de justice dans un rôle de simple figurant. « Les procès équitables se font de plus en plus rares» a indiqué Sellini pour décrire l'état actuel de la justice. « Nous refusons la justice qui travaille en gros» dira-t-il, dans une allusion au traitement ultra rapide de très nombreux dossiers en une seule audience. Enfonçant le clou, il ajoute, «cela donne l'impression qu'il existe un plan préétabli pour réduire la fonction de la défense à sa plus simple expression et l'enterrer ensuite définitivement» La réaction du bâtonnier national, intervient après la réunion qui s'est tenue, jeudi dernier, au siège du Conseil de Sidi Bel-Abbes et qui a failli se terminer par un retrait de confiance de l'Union des barreaux au mandat de Abdelmadjid Sellini. Ce dernier a expliqué lors de cette conférence qu'il n'a pas failli à ses obligations de défendre la corporation mais seulement qu'il privilégie le dialogue. Il arborera les différents écrits faits au ministère de la Justice à propos de la mouture du statut de l'avocat ainsi que les doléances faites pour voir les relations entre ministère et corporation s'améliorer, mais, déplore-t-il, «cela n'a abouti à rien». L'option pour la grève et le durcissement des positions de la corporation s'expliquent en partie par le fait que des avocats soient poursuivis «abusivement ». C'est d'ailleurs cet état de fait, souligne le bâtonnier, qui a fait que le 10 juin, a été décrété journée de protestation. Date qui coïncidera avec le procès de l'un des leurs, accusé de s'être plaint dans l'exercice de sa fonction contre un juge du tribunal de Remchi. Les avocats du Conseil de la wilaya d'Alger boycotteront, en outre, les audiences qui se dérouleront dans la nouvelle Cour à compter du samedi prochain. La raison indique Sellini est que «aucun espace ne nous a été réservé dans cette nouvelle structure» «C'est comme si nous n'existions pas» Outre ces critiques, Abdelmadjid Sellini fera appel à l'arbitrage du président de la République qu'il interpelle pour intervenir dans ce dossier sensible. Dans ce contexte, il plaidera pour la reconstitution de la commission nationale de réforme de la justice qui se chargera d'évaluer le travail et demandé à ce que le président intervienne pour que le statut de l'avocat soit prêt le plus rapidement possible. Sellini insistera pour que l'avocat soit traité comme il se doit.
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