
Alors que la justice algérienne est attendue sur des dossiers de grande corruption impliquant des ministres et de hauts responsables de l'Etat, Abdelmalek Sellal continue à sillonner le pays pour vanter des réalisations qu'il attribue au seul chef de l'Etat et en promettre de nouvelles, encore plus grandes. Il en est désormais à appeler publiquement à un "consensus national" pour un quatrième mandat. Ce faisant, il agit en directeur de campagne ès-qualité. Sous sa casquette de Premier ministre, bien sûr, puisque cela présente l'avantage de pouvoir disposer des moyens de l'Etat. Une entorse flagrante aux usages, mais aussi à la loi. Une entorse qui, en définitive, devrait relever de la Justice, tout comme ces affaires scabreuses ayant pour nom Khalifa, Sonatrach ou autoroute Est-Ouest.Inutile donc d'attendre que ces affaires soient traitées dans les délais et les formes légales prévus par la loi. Sachant que les Khelil, Ghoul et bien d'autres pontes du régime pourraient être confondus si les scandales concernant leurs secteurs respectifs faisaient l'objet d'instruction et de procès en règle et que cela risquerait de gêner la campagne déjà en cours pour un nouveau mandat pour Bouteflika, il était urgent de trouver une parade. Quoi de mieux, pour ce faire, qu'un empêchement de ces procès, quitte à bloquer la Justice, le temps de gérer les échéances politiques ' Ce n'est pas difficile, sous le ciel de l'Algérie où les trois pouvoirs sont aux mains de l'Exécutif qui, à son tour, est contrôlé par un seul homme, le chef de l'Etat. Il suffit de créer les "conditions pratiques" pour un tel blocage, pour camoufler la vulgarité de l'opération. C'est chose faite depuis la nomination d'un nouveau président de la Cour suprême, seule juridiction habilitée à traiter les dossiers de corruption impliquant des responsables de haut rang. L'on sait que la Cour suprême est connue, depuis longtemps, pour être ce "grand dortoir pour grands dossiers" et autres grosses affaires de corruption. Si d'aventure il devait y avoir un quatrième mandat présidentiel, la Cour suprême cessera d'être la prison des affaires dites "politico-financières" : elle en sera le cimetière. C'est-à-dire le garant de l'impunité pour bien des pourris et des ripoux.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd Chekri
Source : www.liberte-algerie.com