Alger - Revue de Presse

Jusqu'au dernier round !



Quand les deux protagonistes du conflit du Sahara Occidental, le Polisario et le Maroc, sont également « satisfaits » de la résolution du Conseil de sécurité, cela ne peut signifier qu'une seule chose: on est dans le statu quo. Celui d'une reconduction jusqu'au 30 avril 2008 de la Minurso dans la fonction de gel du conflit. Il est utile d'ailleurs de rappeler que la vocation de la Minurso est dans son nom même: Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental. C'est cette mission que certains pays occidentaux soutenant le Maroc, la France et les Etats-Unis pour les nommer, veulent gommer en essayant d'imposer le plan marocain d'autonomie comme unique base de discussion dans les négociations entre le Polisario et le Maroc. Sans succès d'ailleurs. C'est qu'au Conseil de sécurité, d'autres pays, comme l'Afrique du Sud, ne sont pas dupes des intentions des amis du Maroc. Le Sud-Africain Dumisani Kumalo aura été clair en critiquant « certains grands pays qui tentent de présenter la proposition marocaine comme étant plus importante que l'autre » et en soulignant qu'elle est de « nature à saper le processus de négociation ». Le constat est juste. Ces grands pays, comme dit Dumisani Kumalo, ne veulent pas de l'autodétermination des Sahraouis. Ils veulent faire passer le plan marocain d'autonomie comme en étant un exercice effectif du droit à l'autodétermination. Le processus de négociation engagé entre le Polisario et le Maroc n'a à leurs yeux qu'un seul but: entériner la position marocaine. Ce n'est pas la langue de bois de l'ambassadeur américain à Alger - se félicitant du « dialogue direct » - qui y changera quelque chose. A trop vouloir manipuler les concepts, et celui de l'autodétermination est très précisément défini dans les textes onusiens, on finit par discréditer l'ONU. L'ambassadeur sud-africain n'a pas tort de souligner que la politique de deux poids, deux mesures que ces parties veulent imposer entache le sérieux du Conseil de sécurité. Il est clair que ces man?uvres, tendant à dénaturer la notion d'autodétermination, rencontrent des résistances. De nombreux Etats n'existent aujourd'hui que par sa mise en oeuvre et ils ne peuvent accepter que le statut futur du Sahara Occidental ne tire pas sa légitimité de l'expression libre des populations concernées par voie référendaire. Le Sahara Occidental pourrait devenir marocain, mais il faut que la question soit posée aux Sahraouis et qu'ils y répondent par les urnes. Dans ce cas de figure, le projet d'autonomie marocain, même adoubé par Paris et Washington, ne correspond pas à ce qu'il est universellement convenu d'appeler une expression libre. Le fait que la partie marocaine invoque aujourd'hui la « menace terroriste » dans la région n'est pas un argument pour que les Sahraouis fassent semblant d'exercer leur autodétermination. Car « faire semblant », c'est cela qu'on leur demande au nom de la «realpolitik» et même de la « longue souffrance » de la population sahraouie. On est encore dans le statu quo et on le restera jusqu'au dernier round. On devine ce qu'est ce dernier round pour les amis du Maroc: une pression soutenue sur les Sahraouis pour les amener à renoncer et à accepter de faire semblant. Mais on sait que les pressions provoquent parfois des réactions imprévisibles...
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