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Juristes et défenseurs des droits de l'homme se mobilisent pour l'abolition de la peine de mort



Juristes et défenseurs des droits de l'homme se mobilisent pour l'abolition de la peine de mort
Il n'y a pas eu d'exécution de condamnés à mort depuis 1993 en Algérie. Néanmoins, "la peine capitale est prononcée 140 à 150 fois par an", selon Me Ksentini.Le débat sur l'abolition de la peine de mort s'est ouvert, hier à l'hôtel Hilton, à l'occasion d'une conférence organisée par la Commission nationale consultative de promotion des droits de l'Homme (CNCPPDH). L'événement, qui durera deux jours, réunit des avocats et des professeurs de droit, venus de plusieurs pays arabes. L'objectif étant d'élaborer différents plans de travail pour intervenir sur trois domaines : la sensibilisation et l'information, le lobbying international et régional et les institutions parlementaires et judiciaires. Pour Me Ksentini, président de la CNCPPDH, "tuer ne garantit pas la justice et l'Etat, à travers ses institutions, n'a pas vocation à tuer".Cette énième tentative de raviver le débat sur l'abolition de la peine de mort intervient alors même que des parlementaires, affiliés au parti Ennahda, lançaient, jeudi dernier, une contre-initiative pour le maintien de cette disposition légale. Leur argument : la peine de mort est autorisée par la charia, la loi islamique. À cela, nombre d'intervenants, présents hier à cette conférence, ont répondu que "l'islam donne également la possibilité aux ayants droit de choisir la compensation financière plutôt que la mort". En effet, pas de voix discordantes parmi les conférenciers, tous ont plaidé pour l'abolition de la peine de mort et à chacun ses arguments.L'hôte du jour, Me Ksentini, plaide pour la réclusion à perpétuité et la suppression des aménagements de peine dans les cas les plus graves. De plus, il dénonce "la précipitation" dans la prise de décision. "Le tribunal criminel prononce la peine capitale alors qu'il traite cinq à six affaires par jour. En Europe, ils prennent au moins deux jours pour statuer sur de telles affaires", interpelle-t-il. Des propos appuyés par son confrère, Me Miloud Brahimi, ancien président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme, qui met en garde contre l'erreur judiciaire. Il démonte l'argument de l'exemplarité et affirme que "le maintien de la peine de mort ne dissuade pas". Me Ksentini comme Me Brahimi souhaitent voir l'Algérie "adhérer à la Convention de Rome, instituant ainsi la Cour pénale internationale (CPI)". Tous les deux appellent à ce que "l'Algérie soit le premier pays arabe à abolir la peine capitale". De son côté, Haytham Shibli, directeur de recherche pour Penal Reform International/Mena, estime qu'on ne peut pas justifier un crime par un autre. Il rapporte que des statistiques internationales ont montré que "8% des personnes exécutées dans le monde sont finalement reconnues innocentes". Se basant sur ce fait, M. Shibli rappelle que la justice peut commettre des erreurs. "La justice ne peut pas être exemplaire et la vie ne doit pas être victime de l'erreur", affirme-t-il. Pour lui, la solution passe par la réhabilitation de ces criminels au sein de la société. "Tuer au nom de la loi est un échec pour la société", insiste-t-il.A HNomAdresse email


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