
Le 14 mars reste synonyme de cérémonies pour honorer les personnes en situation de handicap. Des rencontres purement folkloriques que les associations des handicapés rejettent. Pour elles, ces cérémonies sont une «atteinte» à la dignité de ces personnes qui ne demandent pas de charité mais revendiquent leurs droits.Rym Nasri - Alger (Le Soir)Pour l'Association nationale de soutien aux personnes handicapées El Baraka, le 14 mars ne doit pas être une journée de festivités et de réceptions où l'on distribue aux handicapés des gâteaux, des boissons et des fauteuils roulants. «C'est une journée où l'Etat, les associations et la société civile doivent établir le bilan de ce qui a été fait pour cette frange de la société», dira la présidente, Mme Flora Bouberghout.Selon elle, les handicapés ont besoin d'être considérés comme des personnes à part entière et d'une réelle prise en charge de leurs doléances.Elle cite ainsi l'absence d'accessibilité aux espaces et édifices publics. Pourtant, précise-t-elle, «les lois et les conventions existent mais sur le terrain, rien n'a été fait».Elle pointe du doigt en premier lieu, les responsables des communes. «Les présidents des APC sont les tuteurs des handicapés résidents dans leurs communes mais ils ne font rien pour améliorer le quotidien de ces personnes», dit-elle.La présidente de l'association El Baraka évoque le transport qui, lui aussi, précise-t-elle, «fait défaut».Elle estime que les personnes en situation de handicap sont d'ores et déjà «marginalisées» par leur environnement. Quant à l'accès au travail auquel la loi réserve 1% du quota d'emploi à cette frange de la société, Mme Flora Bouberghout déplore que ce «faible» taux ne soit même pas appliqué.Une autre façon de «reléguer le handicapé au second rang», dit-elle encore. Qualifiant l'allocation solidaire de l'Etat attribuée pour aider les handicapés, actuellement de 4 000 dinars, d'«insuffisante», elle plaide pour son alignement sur le SNMG. «A 18 000 dinars, cette allocation couvrira tout juste les besoins du handicapé», souligne-t-elle.Elle appelle aussi à la création de centres de rééducation fonctionnelle de proximité.Pour la présidente de l'association El Baraka, il est temps de revoir tout le système qui donne droit au handicapé d'être une personne à part entière.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ry N
Source : www.lesoirdalgerie.com