
La célébration de la Journée internationale de la violence faite aux femmes est une occasion pour mesurer le décalage qui existe entre les textes officiels qui consacrent l'égalité des sexes et la réalité quotidienne de la femme algérienne, victime de discrimination et de violence protéiforme. Dans le monde, beaucoup de femmes sont victimes de violence. L'Algérie n'est pas à l'abri de ce fléau ravageur qui relève, désormais, du domaine de la santé publique. Dans notre pays, le phénomène des violences faites aux femmes touche des femmes de différents âges (de 19 à 75 ans) et appartenant à des milieux sociaux divers, qu'elles soient travailleuses, femmes au foyer, étudiantes, mères ou épouses.Cinquante ans après l'Indépendance, les filles, les jeunes filles et les femmes ont investi plusieurs espaces accédant, entre autres, à l'école, à l'université et au milieu professionnel. Pourtant, malgré ce bouleversement survenu dans la vie des Algériennes, celles-ci sont paradoxalement confrontées à la problématique des violences, de harcèlement et d'agressions, que ce soit dans la sphère publique ou dans la sphère privée. Ce phénomène est connu de tous et affecte malheureusement les enfants, témoins ou eux-mêmes victimes de ce fléau. Un fléau qui reste cependant encore couvert du voile des tabous, des non-dits et de silence. Et la première violence vient d'un code de la famille promulgué en 1984 qui, en dépit des amendements introduits en 2005, reste anticonstitutionnel et consacre la discrimination entre les hommes et les femmes d'une même nation. Depuis de nombreuses années, des associations féminines et des organisations des droits de l'Homme et de la famille travaillent de concert pour faire changer les choses, en matière de prise en charge des victimes, de protection des témoins et d'harmonisation de la législation nationale avec les conventions internationales signées et ratifiées par notre pays.Aujourd'hui, le travail de sensibilisation du mouvement associatif et ses campagnes de plaidoyer pour une loi spécifique contre la violence des femmes, la violence conjugale en premier lieu, ne suffisent plus. La société civile, mais surtout les pouvoirs publics, doivent s'impliquer pour que les auteurs des violences ne bénéficient plus de l'impunité, qu'ils soient jugés et punis. La violence exercée contre les femmes est un fléau social. Pour cela, il doit sortir de la sphère privée et être traité sous l'angle du droit sur la scène publique. L'Etat a le devoir de protéger les victimes de violence, et ces dernières ont le droit d'être entendues et défendues grâce à un cadre juridique adéquat. Théoriquement parlant, la tâche est plus facile, à présent, avec l'accession récente de l'Algérie au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies. Restent donc la volonté politique et la pratique...H. A.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafida Ameyar
Source : www.liberte-algerie.com