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Journée de l'entreprise organisée par le FCE Le système bancaire algérien otage de la bureaucratie



Journée de l'entreprise organisée par le FCE                                    Le système bancaire algérien otage de la bureaucratie
Avec plus de 50 milliards de dollars de surliquidités, les banques algériennes publiques dont les actifs sont détenus à 100% par l'Etat, et dont la mission est de financer les investissements publics et privés pour relancer la croissance économique, peinent à atteindre leur pleine efficacité.
Le système bancaire national, déconnecté du système financier international parce qu'évoluant dans une économie de rente, n'arrive pas à se hisser au niveau des exigences internes du développement économique hors hydrocarbures et celles de la compétitivité à l'externe. En dépit de l'amélioration de ses ratios de gestion en termes de solvabilité et de rentabilité de ses actifs ainsi que de ses fonds propres, il ne réussit pas, du moins jusqu'à présent, à se libérer des pesanteurs bureaucratiques, du fait notamment de son extrême proximité avec le pouvoir politique qui limite son autonomie d'action. Pour les autorités monétaires officielles, en l'occurrence le gouverneur de la Banque d'Algérie, lors de la présentation du rapport de conjoncture au premier semestre 2012, 'la situation monétaire et financière a enregistré de bonnes performances". Par ailleurs, selon M. Laksaci : 'La position de l'Etat créancier net vis-à-vis des banques s'est stabilisée dans l'intervalle 3 200-3 400 mds de dinars. Quant aux crédits à l'économie, ils se sont accrus de 7,76% au premier semestre. Les crédits bancaires au secteur privé ont atteint 2 121 mds de dinars durant le même semestre, dépassant l'encours des crédits au secteur public qui s'est établi à 1 893 mds de dinars fin juin. La part des crédits à moyen et long terme a augmenté à 65,21%, traduisant l'amélioration de la structure et des conditions de financement, notamment suite au soutien financier apporté par l'Etat aux PME ...Le crédit bancaire reste ainsi potentiellement important dans le financement de la croissance en Algérie". S'agissant du comportement des banques de droit algérien (publiques et privées), celles-ci respectent les règles prudentielles en large conformité avec les directives internationales adoptées sous l'égide du Comité de Bâle (Bâle II et III). Ainsi les 21 établissements agréés 'respectent largement" les règles prudentielles. Ils enregistrent un ratio de solvabilité bancaire (couverture des engagements par les fonds propres) de l'ordre de 24% à la fin 2011. Soit un ratio fonds propres réglementaires par rapport aux risques encourus de 24% et un ratio fonds propres réglementaires de base par rapport aux risques encourus de17,2% après notamment leur recapitalisation en 2009. Poursuivant son raisonnement lors de sa conférence de presse, le gouverneur de la Banque d'Algérie a fait état d'autres annonces telles que la notation des établissements bancaires dès 2013, l'amélioration de leur mode de gouvernance et enfin le rééchelonnement des dettes des PME en difficulté. Pour le FCE, bien que ce forum ne remette pas en cause les données quantitatives avancées, et à la veille de l'institution 'des journées annuelles de l'entreprise algérienne" dont la première se tiendra sous le thème : 'La relation de l'entreprise algérienne avec le système financier et bancaire national", par la voix de son président, tout en précisant qu'il s'agit de reconstruire un rapport entreprise/banques qui vise l'efficacité, estime que l'objectif capital et de diminuer l'emprise du commerce extérieur dans notre économie. En vérité, quand on mesure l'évolution de la valeur des importations, on est en droit de s'interroger sur le poids du lobby de l'import, qui profite du financement bancaire pour faire fructifier ses intérêts au détriment de l'investissement productif national, créateur d'emplois et de richesses. De ce point de vue, on peut comprendre aisément l'appel du Forum des chefs d'entreprises à une réorientation de façon résolue du financement bancaire vers l'investissement productif pour relancer la croissance hors hydrocarbures. L'ancien exécutif a tenté de mettre en 'uvre cette option avec plus ou moins de réussite, du fait de l'influence des lobbys de l'import dans les sphères décisionnelles du pouvoir et des entraves bureaucratiques. Ces dernières sont nourries à la fois par les réticences aux changements et peut-être, par la pression de forces occultes agissant dans l'appareil de l'Etat. L'actuel gouvernement semble disposé à aller de l'avant dans cette voie. Les chefs d'entreprises et les organisations syndicales y nourrissent un grand espoir. La lutte déclenchée récemment contre l'informel, si elle venait à durer dans le temps, signifierait un signal fort de rupture avec les pratiques spéculatives et incontestablement un encouragement aux secteurs de la production et de la création de richesses.
A. H.
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