
Rares sont les passants qui s'arrêtent et prennent le temps de regarder la plaque de marbre récemment scellée à l'entrée (Ou à la sortie) du tunnel des facultés donnant sur la place populeuse, Maurice-Audin. Pourtant, le panneau porte la photo et une petite biographie du martyr Maurice Audin. Pourquoi donc personne ne s'arrête ' Tout simplement parce qu'on n'est pas habitué à voir nos héros présentés autrement que par un nom et prénom inscrits sur une plaque d'émail vissée au mur au début d'une rue ou sur le fronton d'un édifice, sans aucune indication sur leurs faits, réalisations ou action. On a bien réalisé sur un bout du boulevard Bougara, au niveau de la place Addis-Abeba, à Alger, des panneaux en céramique représentant des chouhadda de la Bataille d'Alger mais, là encore, hormis le nom et prénom, il n'y a pas la moindre indication sur leurs parcours et leurs exploits. Idem pour la rue principale de la capitale, Didouche- Mourad, le boulevard du front de mer, Zighout-Youcef, ou la rue Larbi-Ben M'Hidi, le boulevard Abane-Ramdane, les lycées Amara-Rachid, Ourida-Medad, Fadhma-N'Soumer' et tant d'autres historiques, qui ne sont pour de très nombreux jeunes Algériens que des noms rencontrés sur la page d'un manuel scolaire.On a bien élevé une statue pour Baba Arroudj sur la petite place face à la prison de Serkadji. Pourquoi ne le fait-on pas pour nos héros des différentes révolutions et de la guerre de libération ' Des hommes et des femmes qui ont sacrifié leur vie pour libérer le pays ont tout de même plus de mérite et ont droit à plus de reconnaissance que des corsaires qui monnayaient leurs services ! Les places, parcs, jardins et squares de la capitale, comme des autres villes du pays, ne pourraient qu'être plus beaux avec des statues et des bustes des héros dont ils porteraient le nom. L'argent existe puisque un budget a été réservé à la célébration du cinquantenaire de l'indépendance, et les artistes aussi. Rien n'empêche donc les responsables d'illustrer notre histoire, toute en embellissant la ville, et, ce faisant, de la mettre dans la rue où elle aura plus de chance d'être socialisée. Il suffirait d'une décision et d'un grain d'imagination. Mais il semble bien que ni l'une ni l'autre ne sont disponibles chez nos responsables dont certains pensent que la place de l'histoire est dans les institutions scolaires et universitaire, les colloques et séminaires, et, à la rigueur, les salles de cinéma. Pis, ils considèrent que l'exposition de l'histoire dans la rue n'est que fantaisie. Faut-il rappeler à ces messieurs que l'une des premières choses que le colonisateur a faite est de baptiser les rues et tous les espaces publics de noms de généraux, maréchaux, penseurs, écrivains et artistes français. Cette action participait à l'invasion culturelle et civilisationnelle du pays, même si, aujourd'hui, certains écrivains et artistes sont devenus propriété de l'humanité.
H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com