Thomas Davin, représentant de l'Unicef en Algérie, évoque, dans cette interview accordée à notre journal, l'affaire de l'enfant algérien Islam, âgé de 14 ans, incarcéré au Maroc, au moment où le pédophile espagnol Daniel Galvan, la soixantaine, responsable du viol de 11 enfants marocains, a été gracié par le roi Mohammed VI. Il exprime sa déception du fait que cet enfant algérien n'ait pu bénéficier d'une grâce comme en a bénéficié Daniel Galvan. Thomas Davin appelle à ce que «l'intérêt de l'enfant soit pris en considération comme un facteur-clé en toutes circonstances».Le Temps d'Algérie : Un adolescent algérien, âgé de 14 ans, est détenu depuis plusieurs mois au Maroc où il a été condamné à une année de prison. Cela vous paraît-il humain lorsque le pédophile espagnol Daniel Galvan, auteur du viol de 11 enfants marocains, a été gracié par le roi Mohammed VI '
Thomas Davin : Comme tout enfant de son âge, j'aurais évidemment souhaité que ce petit garçon soit libre et de retour dans sa famille de manière à fêter la belle fête de l'Aïd El Fitr dans le cocon protecteur de sa famille.
Quel est actuellement votre sentiment '
Je suis certainement, comme beaucoup d'Algériens, un peu déçu que ce garçon n'ait pu bénéficier d'un pardon qui lui aurait permis de rentrer chez lui.
Lancez-vous un appel pour la libération de cet enfant '
Ceci étant dit, je ne peux réellement prendre une position sur un appel ou non à une libération concernant une question juridique qui est du domaine de la souveraineté nationale marocaine, tout comme je ne le ferai pas sur un domaine de souveraineté algérienne.
L'Unicef peut-elle avoir un rôle dans ce genre de situation '
Il est important de souligner que l'Unicef ne peut intervenir dans les décisions de justice. Notre mandat est de nous assurer en s'appuyant sur la convention internationale des droits de l'enfant, qu'en Algérie comme ailleurs dans le monde, les droits des enfants s'inscrivent dans une éthique et dans un code de conduite internationale, et que l'intérêt de l'enfant soit pris en considération comme un facteur-clé en toutes circonstances.
Avez-vous effectué des démarches de vérification de la procédure judiciaire concernant cet enfant '
Je peux confirmer que nous avons fait des démarches de vérification de la procédure suivie à son endroit et celle-ci est tout à fait conforme à la législation nationale eu égard aux accusations portées contre lui. Je peux donc confirmer que la procédure et la peine qui a suivi le jugement sont conformes à la loi nationale au vu du délit dont l'enfant a été reconnu coupable.
Je peux également confirmer que des procédures de revue de cas sont possibles dans des cas comme cela, et pourraient, inch'Allah, donner suite à une révision de peine si tant est que le juge y consente. Ceci étant dit, je suis sûr que la famille du garçon et ses avocats sont pleinement au courant de ce type de recours et font de leur mieux pour en prendre avantage.
Que pourriez-vous faire en faveur d'une issue '
C'est malheureusement tout ce que j'ai à offrir sur la question, en espérant tout de même que l'année prochaine cet enfant sera bel et bien de retour au sein de sa famille et retrouvera un modicum de sérénité et de paix parmi les siens.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M A
Source : www.letempsdz.com