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« Je suis très impressionné par l'approche algérienne de gestion des conflits »



« Je suis très impressionné par l'approche algérienne de gestion des conflits »
« Je suis très impressionné par l'approche algérienne dans la gestion des conflits », a déclaré, hier, à propos de la position de l'Algérie favorisant le dialogue avec les factions en Libye et au Mali, Jean-Marie Guéhenno, directeur de l'ONG International Crisis Group. Cet ancien diplomate français, envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie et qui cumule huit ans de travail aux côtés de l'ex-SG et de l'actuel SG de l'ONU en l'occurrence, Kofi Annan et Ban Ki-moon, a donné, en fait, une conférence à l'Institut diplomatique et des relations internationales (IDRI) sur « Le problème des espaces non gouvernés et le rôle de la communauté internationale et des pouvoirs régionaux pour y faire face ». Ces territoires sont généralement des espaces de non-droit, mis sous la coupe des groupes terroristes. L'Algérie a adopté une position « sage ». Elle a donné, selon lui, dans les conflits libyen et malien, « la primauté à l'approche politique » qui consiste à mettre les parties en conflit autour d'une table de négociation pour « permettre aux différentes communautés d'être représentées ». Bien entendu, souligne-t-il, « c'est aux Maliens et aux Libyens de décider de leur avenir », cela n'enlève en rien au mérite de la mission de bons offices (que joue un pays tiers). Pour cet ancien diplomate, qui défend l'idée d'un « engagement équilibré, séquencé », la force ne « mène pas loin ». Il a reconnu la responsabilité de la communauté internationale qui a, aussi bien aux USA, sous l'influence des conservateurs, qu'en Europe, succombé à l'« interventionnite » en Afghanistan, en Irak, en Somalie. Pour autant, les « fragilités internes » de ces mêmes Etats, dues à l'absence de justice sociale, la déficience de l'Etat dans le volet social, la corruption... » y sont pour quelque chose. Bien qu'il ait regretté l'engagement puis le « désintérêt » de la communauté internationale vis-à-vis des pays comme la Libye, situation qui a eu pour conséquence d'aggraver la situation et de déstabiliser la région, le conférencier n'a pas été critique envers l'intervention de son pays, au Mali. « Il y avait une situation d'urgence » et cette intervention a permis d'éviter, dit-il, « des situations catastrophiques ». Jean-Marie Guéhenno ajoute qu'il n'y avait pas « de force disponible autre que la France pour le faire ». La solution aujourd'hui est que « les pays de la région se mobilisent », saluant, du coup, le rôle positif en faveur du dialogue intermalien de l'Algérie, « pays qu'on ne peut suspecter de visées colonialistes », note-t-il. L'invité de l'IDRI a soulevé, dans son exposé, quelques observations pertinentes, fruit d'une expérience de 15 ans cumulés dans la gestion de conflits en Somalie, en Afghanistan et en Irak.Prudence avec les mouvements islamistes La crise de l'Etat-nation avec la mondialisation a poussé les jeunes à adhérer à des positions et « des idéologies transnationales ». Le terrorisme, explique-t-il, se nourrit des ces doutes et l'islam est plus « un marqueur qu'un soubassement des mouvements terroristes ». L'étiquette islamiste couvre aujourd'hui « beaucoup de marchandises » et ces mouvements exploitent à fond les médias pour se donner un impact mondial à leurs actes. Avec la drogue, la grande criminalité, on voit aujourd'hui émerger dans certaines régions de « vraies puissances qui concurrencent carrément les Etats », met-il en garde. Le dialogue tel celui prôné par l'Algérie pour la gestion des conflits qui fleurissent dans le voisinage et qui a aussi « porté ses fruits dans le règlement de la décennie noire » doit néanmoins se faire avec « une extrême prudence », observe Guéhenno, qui se demande si l'on peut vraiment négocier avec des mouvements tels al-Qaïda ou Daech dont l'un ne connaît pas de principe de territorialité.


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