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« Je suis en admiration devant Boumediène »



« Je suis en admiration devant Boumediène »
Le réalisateur tunisien, Fathi Jaouadi, établi en Grande-Bretagne, a présenté, lundi dernier, à Alger, son film documentaire « Boumediène », produit par Al Jazeera-documentaire. Il a été projeté dans le cadre de la 5e édition des Journées cinématographiques d'Alger, qui ont pris fin hier.Parlez-nous de votre film...C'est un travail de recherche effectué par le producteur Salah Ouslati. Ce fut une expérience unique de pouvoir le présenter à Alger. Nous avons le privilège de travailler avec le célèbre cinéaste tunisien. Je dois dire que Boumediène n'est pas seulement algérien. Je suis en admiration devant ce personnage, notamment l'impact grandissant de la Révolution algérienne en Tunisie, particulièrement à Jendouba, ma région natale.Comment avez-vous maîtrisé le timing du film 'Au départ, la durée du film documentaire était de deux heures. Cependant, notre contrat avec la chaîne Al Jazeera stipulait une durée d'une heure. Nous avons estimé injuste et inapproprié de traiter, en seulement une heure, de la personnalité du président Houari Boumediène. Nous avons convenu de le tourner en deux heures.Pourquoi avez-vous choisi une structure de trajectoire continue dans le film 'J'ai sciemment choisi la ligne continue car je traite un personnage militaire. Il faut savoir que la trajectoire continue sied à la reproduction d'une figure militaire. Tout en maintenant le dialogue, nous avons découvert, au fil du tournage, d'autres dimensions de la personnalité de Boumediène.Avez-vous trouvé difficile de traiter la question du conflit entre l'Algérie et le Maroc 'Je suis tunisien et je suis resté à équidistance de l'Algérie et du Maroc. Je n'ai eu aucun penchant dans ce conflit difficile et compliqué. C'est pour cela que j'ai procédé à une approche technique complexe où je marque certains passages par des feed-back.Dans votre film, il semblerait que vous avez omis le différend entre l'Algérie et Bourguiba...Le film traite des questions arabes et Boumediène avait sa position dans la question arabe. Nous avons intentionnellement mis l'accent sur le désaccord entre Algérie et le Maroc, car il existe toujours et n'a pas été résolu à nos jours. Sinon, les autres différends comme celui de l'Egypte ou de la Tunisie n'ont pas eu d'impact comme ceux du Maroc.On a remarqué l'absence du témoignage de la famille de Boumediène. Pourquoi 'Il existe deux raisons qui expliquent l'absence de ces témoignages. La première est logistique. La réalisation du film n'a pas été facile, surtout qu'il n'y avait pas de retour de la famille du Président. Cela dit, nous comprenons cette démarche.La seconde raison, nous avons montré, à la fin du film, la visite du frère du Président lorsqu'il se soignait en Russie. La première question posée par le Président : « Qui a payé ton billet ' » Il ordonna ensuite de déduire le prix de son salaire. A travers ces images, on comprend que Boumediène a mis en avant l'Algérie, son pays. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Je veux parler de la famille du président déchu Ben Ali, qui a accaparé tout le pays.Parlez-nous des conditions de tournage en Algérie...Le travail n'était pas facile. Il y avait des difficultés, mais il n'y avait pas d'ingérence dans la ligne éditoriale du film.Comment avez-vous procédé pour les archives ' Concernant les archives photos, nous avons acheté ces droits aux télévisions algérienne, tunisienne et française. Quant à celles des journaux, nous avons été soutenus par la Bibliothèque nationale algérienne.Et pour les documents confidentiels publiés cités dans le film et le rapport médical de Boumediène 'Ce sont des documents israéliens qui se trouvent au Département d'Etat américain. Après quarante ans, ils deviennent accessibles et nous avons effectué le déplacement pour les consulter. Ce n'est pas tout, nous avons découvert des documents sur le rapport médical de Boumediène, qui correspondent avec le rapport médical sur la mort de Yasser Arafat. Ils présentaient les mêmes symptômes.


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