Alger - Revue de Presse

“Je ne suis ni marionnettiste ni manipulateur !”



“Je suis démocrate, même si je suis quelque part un peu dictateur.” C’est l’une des déclarations de Rachid Marif qui résume parfaitement la personnalité de l’homme politique. Nous l’avons accosté en marge de la cérémonie de la remise du sigle et il a aimablement répondu, exclusivement, à nos questions. Marif, qui ne veut plus qu’on le désigne comme président en insistant sur le fait qu’il soit un simple membre de l’AG, dévoile sa stratégie pour le MCA.Liberté : Le MCA vient de récupérer officiellement son sigle. Un mot sur cette cérémonie ?
Rachid Marif : Il faut que tout le monde sache que le sigle n’appartient ni à Marif, ni à x, ni à y. C’est un patrimoine national. Le Mouloudia d’Alger n’est pas un club de quartier. C’est un club national qui a participé à la libération de ce pays, donc il n’est pas correct qu’il soit traité mal ou de la manière avec laquelle il est traité actuellement. Le MCA a enfanté Bouras Mohamed, le père du scoutisme algérien, il a abrité le PPA, djami’at el oulama. Le MCA a été créé avant l’Etoile africaine et a donné de nombreux martyrs, à l’image d’Asselah Hocine, pour ne citer que celui-là, et je peux rester des heures à vous relater l’histoire du Mouloudia. Ce club mythique a eu dans ses rangs Kader Firoud, Mokhtar Aribi et bien d’autres figures du football algérien. Le temps est venu pour qu’il retrouve sa notoriété.Quelle est la principale motivation de votre acte ?
Je pense d’abord à l’intérêt national. Lorsque je vois l’évolution du football africain, à travers le Mali, le Nigeria, le Burkina Faso, par rapport au notre, cela fait mal au cœur. J’ai fait venir Lotito de la Lazio de Rome ici à Alger, je l’ai fait pourquoi ? Lors de la finale de la Coupe d’Algérie, il m’a dit : “Si j’avais ce public-là, j’aurais fait des merveilles.” Alors, toutes ces richesses, ces énergies et ces forces du MCA, elles sont battues en brèche par la résonance des différentes chapelles. Je le dis et je le répète, le Mouloudia est un et indivisible. Le MCA fait partie du patrimoine national. Marif n’est qu’un élément du Mouloudia, d’ailleurs je démissionne. Apparemment, les membres dans la salle refusent que vous partiez ?
 Qu’ils refusent ou non, moi, ma décision est irrévocable, je suis démissionnaire. Je reste membre de l’assemblée générale, mais je refuse que l’on parle de moi à l’avenir. D’ailleurs, je suis sorti de la salle, tout à l’heure, alors que je n’avais aucun rendez-vous ou autres obligations. J’ai délibérément quitté la salle pour que certains n’auront pas l’occasion de dire que je suis resté pour influencer telle ou telle personne dans sa décision. Vous avez tout de même donné certaines résolutions ?
Oui, tout à fait, et je veillerai à ce qu’elles soient appliquées. Djouad, qui est un ancien président du MCA, doit automatiquement intégrer l’assemblée générale en tant que membre. Pour le reste, j’ai personnellement proposé une liste qui est ouverte et reste sujette à délibération. L’assemblée générale est souveraine et c’est à elle seule d’accepter ou non les noms que j’ai proposés. Mais que tout le monde soit certain que je m’opposerai fermement à l’intégration des voyous, à ceux qui pratiquent les combines, à ceux qui soudoient les arbitres ; et même s’ils sont nombreux, je leur ferai la guerre même seul.Mais selon vos dires, l’AG ne doit pas dépasser 40 membres, alors que les anciens dirigeants forment plus que la moitié de ce nombre ?
Les anciens dirigeants constituent la cuirasse du club, on ne peut pas s’en débarrasser comme ça. Je vous ai dit que je ne me reconnaissais pas dans les mutations profondes de la société, et le football en fait partie et ne peut pas y échapper. Le respect est très important dans la vie et je me souviens que ces gens étaient respectables, on leur doit de la considération. Les mœurs ont changé et on se retrouve avec une génération de joueurs payés à coups de millions et qui envoient balader des dirigeants parce qu’ils sont des bénévoles, des entraîneurs... Il faut que les choses changent. Il faut se fondre dans rythme du professionnalisme.La composante administrative du MCA connaît ainsi une révolution. Peut-on s’attendre à une autre révolution au sein de l’équipe de football ?
Là, ce n’est pas réellement mon problème. C’est avec M. Djouad qu’il faudra parler ainsi qu’avec les gens qui auront la charge de gérer les affaires de l’équipe première de football. Justement, vous me donnez l’occasion d’éclairer une chose. Certains m’ont associé à cette histoire et prétendent que je me mêlais de tout. Eh bien, qu’ils sachent que je suis mouloudéen certes, mais il y a des choses plus importantes dans la vie. L’intérêt de mon pays passe avant toute autre chose, vient ensuite ma famille, et le Mouloudia n’est qu’à la troisième position. Lors de votre dernière intervention à l’hôtel Sheraton, vous avez dit aux joueurs que vous ne tolérerez aucune défaite et vous avez exigé d’atteindre la finale de la Coupe d’Algérie, mais rien de tout cela n’est arrivé…
C’est vrai, je l’ai dit et je vous donne même la date, c’était le 22 février 2008. J’ai senti ce jour-là, à travers le silence qui régnait, une réticence et je le dis amèrement maintenant. J’avais pratiquement toute la salle contre moi. J’ai dit aux joueurs qu’ils étaient des mercenaires et je ne regrette pas de leur avoir tenu ces propos car ils me l’ont prouvé par la suite. Je suis un homme qui réfléchit. J’ai senti qu’il y avait une certaine réticence et que j’étais réellement en minorité, et c’est pour cette raison que j’ai immédiatement envoyé ma démission. Dans notre pays, il faut que tout le monde apprenne que lorsqu’on ne peut pas, on doit laisser la place. Ce jour-là, j’ai même évoqué un retour à la Sonatrach à défaut d’un club géré en SPA. C’est malheureux d’arriver à une situation qui oblige à quémander pour pouvoir couvrir les frais d’un déplacement de l’équipe. Donc, le retour en force de la Sonatrach est presque inévitable ?
Disons que c’est le seul repreneur capable de mettre le club à l’abri du besoin. En quelque sorte, le MCA est sorti de la Sonatrach par la fenêtre, mais revient par la porte. Quand on n’est pas capable d’assurer la pérennité et le fonctionnement minimal d’un club, alors on reste au sein de l’assemblé, mais en admettant qu’il doit y avoir du sang nouveau qu’il faudrait injecter. Mais pas un sang qui viendra pourrir la symbolique du Mouloudia. Je ne permettrai à personne de venir toucher à cette symbolique. Ceux qui recherchent l’ostentation et qui ont des problèmes existentiels, on leur barrera la route. Il y a aussi certains partis politiques qui convoitent le Mouloudia. Tant que nous serions vivants, nous ne permettrons à aucune sensibilité politique de s’approprier le Mouloudia. Nous sommes pour le rassemblement, pour l’union et tout cela pour la promotion du football national. J’ai parlé tout à l’heure d’un hooliganisme habilement manipulé, je rendrai responsable et nous interpellerons la justice algérienne contre tous ceux qui iront surchauffer les esprits des mouloudéens. Avant de conclure, quel est votre avis sur l’absence de Drif aujourd’hui ?
 Je la déplore, mais je ne comprends pas cette attitude. Aujourd’hui, nous sommes devant une tribune la plus ouverte où le débat d’idées aurait pu se développer. Nous aurions été éventuellement enrichis, le sachant pertinemment attaché aux valeurs du Mouloudia, je suis convaincu que sa présence aurait été positive et qu’elle aurait enrichi d’une manière substantielle les approches qui étaient les nôtres aujourd’hui. Je regrette son absence et je saisis cette occasion pour lui transmettre toute ma considération et en même temps mes sentiments d’amitié. Je veux lui faire comprendre définitivement que je ne suis ni un marionnettiste, ni un manipulateur, ni un fabricant de liste. Avec son attitude, peut-on dire que Drif s’est auto-exclu ? 
Je n’ai pas à répondre à cette question et interprétez comme vous voulez les choses. Je n’ai pas l’habitude de juger les gens et de m’arrêter sur les motifs de leur absence. J’ai appris à m’abstenir quand les gens sont absents. Quand on a des choses à se dire, on le fait en face. Au contraire, je lui transmets toutes mes amitiés.
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