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«Je ne leur pardonnerai jamais»



«Je ne leur pardonnerai jamais»
Abandon - Plus d'une cinquantaine de familles transférées dans les chalets de Réghaia dans le cadre des évacuations après la catastrophe naturelle de Boumerdès et d'Alger, sont ignorées depuis plus de dix années.
Rien de mieux qu'une virée dans quelques sites de plusieurs communes du centre pour prendre le pouls de cette frange de la société. Quelques habitants du site de Hay El-Bay de Réghaia ont exprimé leur marasme et toutes les peines qu'ils endurent depuis qu'ils ont été transférés ici après l'endommagement de leurs anciennes habitations suite au tremblement de terre.
Les habitants de ce quartier sont issus de plusieurs cités de la commune de Kouba principalement mais aussi d'autres communes de la wilaya d'Alger comme Bab El Oued et Oued Korich.
La majorité des occupants habitait dans les anciennes bâtisses appartenant aux s'urs blanches, à la rue des Frères Abdesslam. Un habitant de ce quartier rencontré lors d'une visite sur les lieux a indiqué que les bâtisses étant sérieusement endommagées par la secousse tellurique, ont été démolies par les services concernés après avoir été reconnues très dangereuses.
Il a indiqué que depuis l'évacuation de ce site, le terrain n'a pas été construit à cause d'un litige opposant les autorités locales aux s'urs blanches. Des sources administratives proches du dossier ont reconnu que les habitants de ce chalet sont dans leur droit.
Toutefois, ils ont estimé que si ces citoyens sont toujours dans leurs chalets c'est bien à cause du manque d'assiettes sur lesquelles les autorités compétentes devaient réaliser des bâtisses.
Interrogé à propos de la vacance du terrain des frères Abdesslam, nos interlocuteurs ont indiqué qu'une école de musique a été réalisée sur ledit terrain.
Les habitants des chalets de Réghaia ont révélé que lorsqu'ils avaient été transférés sur ce site, l'administration leur avait remis une décision indiquant qu'ils devraient rester dans ce centre de transit durant 18 mois le temps d'être pris en charge dans les différents programmes de relogement. «Nous avions été placés dans ce centre de transit pour une période ne dépassant pas 18 mois et voilà que nous nous apprêtons à boucler notre dixième année», nous dit un habitant.
Mohamed, un père de famille d'une quarantaine d'années, a indiqué que tous les anciens locataires de la bâtisse qu'ils occupaient à Kouba n'ont été relogés. «Nous avons déjà passé dix années ici moi j'ai emménagé dans ce chalet avec deux enfants et maintenant j'en ai quatre.
Et nous ne savons toujours pas combien de temps il nous reste à ''purger'' dans ce centre de transit permanent. Peut-être nous faudra-t-il passer dix années encore ou même plus», dit-il avec une pointe d'amertume. Interrogé sur les conditions de vie, ou plutôt de survie ici, Amar, également père de famille, a indiqué que des dizaines de familles logent dans de véritables congélateurs en hiver et dans des fours crématoires en été.
En effet les chalets de ce site, comme tous les autres d'ailleurs, sont des espèces de grosses caisses en tôle de dix mètres de long sur trois mètres de large, placées sur des poutrelles en béton.
Il s'agit de deux pièces cuisine aménagés dans l'exiguïté. «Nous sommes allés un peu partout pour réclamer nos droits et pour demander que l'on nous reloge. Aucune suite n'a été donnée à nos doléances.
Nous n'avons réussi à avoir que des promesses. Et le résultat vous le voyez dix ans après nous sommes encore là» regrette un habitant avant de reprendre : «Je ne leur pardonnerai jamais.»
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