L'audition, mercredi dernier, de Nouria Benghabrit par le juge d'instruction près le tribunal de Sidi M'hamed, à Alger, a fait le buzz. Fait rare, l'ancienne ministre de l'Education nationale a réagi sur son compte Twitter et dément toute accusation de corruption.Mercredi dernier, les médias ont rapporté une information selon laquelle Nouria Benghabrit, ancienne ministre de l'Education nationale, a été auditionnée par le juge d'instruction du tribunal de Sidi M'hamed, à Alger.
Les rares écrits publiés sur le sujet évoquaient une "audition dans une affaire de corruption". Et malgré le manque d'informations, les réseaux sociaux se sont affolés : certains spéculant sur le parcours de la dame et d'autres défendant une "femme intègre".
Histoire de lever le voile sur cette audition inattendue, Nouria Benghabrit a décidé de réagir. C'est ainsi qu'elle a publié sur son compte Twitter un bref communiqué pour donner sa version des faits. Selon elle, elle a été convoquée en qualité de "témoin" et elle ne fait l'objet d'aucune "accusation".
"Face à la désinformation colportée par certains organes de presse et dans des réseaux sociaux, je précise que j'ai été convoquée par le tribunal de Sidi M'hamed le 23 décembre 2020 en tant que ?témoin' et qu'aucune accusation n'a été portée contre moi", a-t-elle écrit.
Mais ni la concernée ni la justice n'ont fourni d'explications sur le contenu de l'enquête en cours. Durant les cinq années passées à la tête du ministère de l'Education nationale, Nouria Benghabrit n'a pratiquement jamais été associée à des affaires de corruption. Certains médias, particulièrement arabophones, l'ont surtout beaucoup attaquée sur ses orientations idéologiques et sur ses origines familiales.
Des articles de presse se sont parfois focalisés sur des irrégularités relevées dans la construction de certains établissements scolaires ou sur des soupçons de corruption dans les opérations de publication des livres scolaires. Mais en aucune façon, son nom a été associé à ces présomptions.
Ancienne enseignante universitaire et directrice du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) dépendant de l'Université d'Oran, Nouria Benghabrit a été nommée ministre de l'Education nationale en mai 2014.
Experte auprès de plusieurs organismes internationaux prestigieux, à l'image de l'Unesco, sa nomination avait suscité beaucoup d'espoir, notamment au sein du courant progressiste qui espérait une école moderne et ouverte sur le monde. Mais elle a dû subir, durant 5 ans, des attaques de la part des conservateurs qui l'ont surtout accusée de vouloir "franciser l'école".
On a même tenté de torpiller son action à travers les scandales des fuites au bac. Sous l'effet de la pression de l'opinion publique et des rétropédalages des hautes autorités du pays, ni les réformes qu'elle a engagées dans le système éducatif n'ont totalement abouti ni les chantiers n'ont été menés à terme.
Elle a quitté le ministère de l'Education nationale le 31 mars 2019 après le dernier changement gouvernemental opéré par Abdelaziz Bouteflika, qui remettra sa démission trois jours plus tard. Depuis, Nouria Benghabrit s'est totalement éclipsée de la vie publique.
Ali BOUKHLEF
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali BOUKHLEF
Source : www.liberte-algerie.com