C'est un constat qui ne fait plus de doute: les problèmes d'irrigation,par manque d'eau, dont souffre l'agriculture en Algérie, se sont nettementaggravés ces dernières années.S'il est vrai que cette problématique est aussi liée, pour une grandepart aux effets du réchauffement climatique, à l'échelle de la planète, ilreste que le modèle de développement algérien n'est pas indemne de sesresponsabilités dans cette état de fait. Comme c'est le cas, d'ailleurs, pourde nombreux pays, en Algérie, l'explosion démographique, l'urbanisationsauvage, l'industrialisation non respectueuse de l'environnement etl'utilisation anarchique de pesticides ont été, ces dernières années, lesprincipaux facteurs aggravants.En attendant que les programmes initiés, nous dit-on, aux plans national,régional et méditerranéen, apportent quelques éléments de réponse vraimenttransparents, la vérité sur l'irrigation des cultures dans le polygone empruntentdes chemins peu conventionnels.En Algérie, et ce n'est un secret pour personne, la rareté de l'eau et lerendement limité des puits font que l'irrigation des cultures à partir des eauxusées est devenue, pour beaucoup d'exploitants, un recours à haut risque, trèslargement exploité.Dans la wilaya de Constantine, traversée par de nombreux oueds, l'étatdes lieux vaut franchement le détour. En effet, c'est l'été venu que lapratique de l'irrigation des cultures à partir des eaux usées pompées dans lesoueds, prend des dimensions alarmantes.C'est aussi à pareille époque qu'une circulaire de wilaya, datant de2004, dont l'objet est la lutte contre les maladies à transmission hydrique estréactivée, tout les ans. L'intérêt pratique de cette circulaire est censé êtrela mise sur pied immédiate du dispositif prévu pour la lutte contre lesirrigations illégales, tout comme la matérialisation des zones à risques, lasensibilisation et l'information des représentants de la profession agricole,la surveillance et les visites fréquentes pour décourager la mise en placeclandestine des cultures. A la vérité, les sommations de la wilaya censées êtrerelayées par les institutions concernées, celles ayant en charge les servicesagricoles, l'hydraulique, l'environnement, la santé et la population, etc. sontsouvent prises à défaut notamment sur les tronçons d'oueds à haut risque.Certaines voix autorisées, spécialistes respectés de l'environnement àConstantine, sont unanimes pour dire que la réactivation cyclique de lacirculaire, n'est pas une fin en soi, puisqu' «il s'agit surtout d'obliger lesagriculteurs à se mettre en conformité avec les mesures préventives de luttecontre les MTH, en identifiant par les laboratoires spécialisés, lescaractéristiques microbiologiques et physico-chimiques des eaux utilisées, afortiori celles prélevées dans les oueds, clandestinement et de nuit».Seule en fait, l'installation de réseaux de surveillance nocturne, parles services concernés, peuvent dissuader certains exploitants d'agrumes etd'arbres fruitiers, suffisamment puissants financièrement, qui arrivent àcontourner les sanctions et éviter d'être neutralisés. Il faut savoir que les oueds de la wilaya sont particulièrement polluéset les zones à risques sur leurs itinéraires fort nombreuses. Ainsi OuedRhummel accumule les rejets de l'agglomération de Aïn Smara jusqu'à la stationd'épuration dite «Debabia». Oued Bounouara, pour l'exemple, reçoit ceux de lastation Naftal. Les cours d'eau de Oued Smendou, Oued Hadjar, Oued Boulabraghat, traînentdans leur sillage les eaux usées, respectivement des villes de Zighoud Youcef,Didouche Mourad et la zone de Djebel Ouahch. Il faut souligner, qu'en plus, lesautres tronçons de cours d'eau secondaires sont soumis aux mêmes effets depollution par les métaux lourds, les solvants, les huiles et graisses,fortement cancérigènes, qui se retrouvent dans les tissus physiologiques desfruits (pommes, poires, nectarines, melons, pastèques, etc.) L'exécution du plan de lutte contre les MTH et le respect desdispositions de la loi à Constantine ne pouvant se satisfaire, assurément, desbonnes intentions... la peur du gendarme est aussi un argument non négligeable,affirment certains intervenants de la société civile...
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Ben
Source : www.lequotidien-oran.com