La Professeur Rezkallah, du service de pharmaco-toxicologie du CHU d'Oran, a tiré hier la sonnette d'alarme en signalant que les intoxications par raticide viennent, pour le bilan de cette année, en deuxième position des intoxications aiguës à l'ouest du pays, après les médicaments et plus précisément les tranquillisants. La toxicologue du CHUO a ouvert, dans son intervention lors des premières journées de la Société algérienne de toxicologie, tenues au Cercle national de l'Armée à Béni-Messous, une parenthèse sur la commercialisation anarchique des produits à usage domestique. Elle a affirmé qu'aujourd'hui, plusieurs personnes optent pour un raticide pour des intoxications souvent volontaires. Elle a affirmé que le service de pharmaco-toxicologie du CHU d'Oran traite 5.000 cas d'intoxications aiguës annuellement, dont 61% sont des femmes. Elle ajoute que 65% des cas sont des intoxications volontaires. Ils utilisent le plus souvent des médicaments, notamment des tranquillisants, des pesticides ou des raticides. Plus surprenant, c'est l'analyse faite par le centre de toxicologie de Annaba, présentée par le docteur R. Djaffer. Il a précisé que sur 90 tisanes analysées par son équipe du centre de Annaba, 9 seulement répondent aux normes algériennes et européennes. Il a précisé que la composition réelle de ces tisanes ne correspond nullement aux indications thérapeutiques portées sur l'emballage. D'autres intervenants ont évoqué la consommation de cannabis mélangé à de fortes doses de psychotropes, «un cocktail de cannabis avec des fortes doses de psychotropes». Un dosage qui entraîne automatiquement des intoxications aiguës. La responsable du centre antipoison d'Alger, la Professeur Abtroun, qui recueille les données de l'ensemble du territoire national, a indiqué refuser de présenter des chiffres sur les cas d'intoxications en Algérie. Elle a précisé qu'il faudrait d'abord penser à «la déclaration obligatoire des intoxications» pour pouvoir donner des chiffres fiables sur les différents cas d'intoxication. Sa collaboratrice, M. Zagh, a tout de même indiqué que pas moins de 4.500 appels de cas d'intoxications ont été pris en charge par le centre antipoison à Bab El-Oued en 2007. Elle a ajouté que la plupart des cas ont déclaré avoir consommé des médicaments, des pesticides ou des produits ménagers. Elle a également précisé que pendant ces dix dernières années, pas moins de 26.300 appels ont été pris en charge par le centre antipoison de Bab El-Oued. Enfin, si les toxicologues réunis hier se disaient satisfaits d'avoir des centres de toxicologie à travers le pays, ils n'ont pas hésité à réclamer des structures d'urgence et de réanimation spécialisées pour la toxicologie. Le professeur Benali a dénoncé le fait que les urgences de toxicologie soient diluées dans l'activité médicale, de telle sorte que les toxicologues se limitent à s'occuper seulement d'un travail de routine. «Faire des consultations par téléphone», a-t-il affirmé amèrement. «Une personne intoxiquée est prise en charge par des stagiaires au niveau des urgences, sachant que dans les cas d'intoxication, le temps c'est de l'or pour sauver le patient».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com