Alger - Revue de Presse

Intérêts



Alger n?arrive pas à rompre avec les cycles périodiques de rumeurs. Rumeurs qui comblent, de temps à autre, les « vides » créés par la neutralisation voulue de l?action politique dans le pays. Il se dit depuis des semaines qu?Ahmed Ouyahia, quatre fois chef de gouvernement depuis 1995, va partir. Il ne serait pas en bonne entente avec Abdelaziz Bouteflika. C?est du moins ce que racontent les salons éclairés de la capitale. Et comme d?habitude, personne n?explique les raisons de la supposée mésentente avec le chef de l?Etat. Le locataire du palais d?El Mouradia a, depuis 1999, nommé quatre chefs de gouvernement pour sept Exécutifs. Durant la campagne pour le référendum du 29 septembre, les observateurs avaient cru déceler dans les propos de Bouteflika des attaques codées contre Ahmed Ouyahia lorsqu?il avait évoqué « les forces » hostiles à la démarche de la réconciliation nationale. Dans ce jeu virtuel, Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN, est venu se mêler pour rendre complexes les pistes. Et voilà qu?Ahmed Ouyahia, qui sait rebondir lorsqu?il le faut, remonte sur la colline pour faire un « aveu » aux Algériens : « Des groupes d?intérêt » seraient derrière les rumeurs de son départ du Palais du gouvernement. Il n?a pas dit qui actionne ces groupes d?intérêt. Comme il n?a rien expliqué sur la puissance de ces « groupes » et sur l?éventuel lien qu?ils auraient avec la présidence de la République ou avec d?autres sphères où les jeux se font avec plus de trois dimensions. Ahmed Ouyahia, qui ne dit que du bien de Abdelaziz Bouteflika, semble suggérer qu?il est là pour durer. Il a même donné rendez-vous aux journalistes en 2006 pour la présentation de « son » bilan d?activité. On se rappelle seulement qu?avant lui Ali Benflis avait dit presque la même chose en annonçant qu?il n?avait pas l?intention de quitter le gouvernement. L?histoire est-elle en train de se répéter ? Ou l?Algérie tourne-t-elle en rond ? Le pays est assis sur plus de 40 milliards de dollars de réserves de change. Les recettes pétrolières ont atteint, à fin septembre 2005, 32 milliards de dollars. Mis à part les discours en carton-pâte des officiels, aucun décideur n?explique encore au « peuple », cité comme la seule référence du pouvoir par les animateurs de la campagne pour la réconciliation nationale, la manière avec laquelle le surplus d?argent sera utilisé. La donne visible à tous est que les réformes économiques ne donnent aucun résultat, que le système bancaire est figé, que le chômage gagne du terrain, que la crise du logement reste entière et que les libertés politiques sont absentes. Il n?y a donc - c?est évident - aucun intérêt à savoir qu?Ouyahia reste à son poste ou le quitte. Puisque le système et ses principaux architectes sont toujours là. Collés à leur place. Ils n?ont même pas le temps d?aller prendre un verre d?eau. A la tombée de la nuit...
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