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INTERDITE à LA PÚCHE



INTERDITE à LA PÚCHE
Le prix de la sardine continue à s'envoler sur les étals des marchés et poissonneries du pays. Pourtant, cette sardine est de petite dimension, donc interdite à la pêche et à la vente par la loi.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Autrefois réputée être le poisson du pauvre, la sardine frèle aujourd'hui des prix exorbitants sur les étals des marchés et poissonneries. Il y a quelques mois, son prix avait atteint les 700 dinars le kilogramme s'alignant ainsi avec celui du kilo d'escalope de dinde ou de poulet.Actuellement, durant la saison estivale, son prix oscille entre 250 et 500 dinars. Une période où, justement, elle ne devrait pas être pêchée en raison de son repos biologique pour la reproduction de l'espèce. La preuve : la marchandise exposée sur les étals est de petite dimension et, visiblement, ce poisson n'a pas encore atteint l'âge adulte autorisé à la pêche.Justement, le Syndicat national des marins-pêcheurs et poissonniers tire la sonnette d'alarme sur ce qu'il a qualifié de «pêche catastrophique» sur les côtes algériennes.Son président, Hocine Bellout, rappelle, à cet effet, le décret exécutif du 24 mai 2004 qui stipule que celui qui pêche la sardine de moins de onze centimètres est en infraction. «Les lois existent mais elles ne sont jamais respectées ni par les pêcheurs, ni par l'administration, ni par les vétérinaires», dit-il.Précisant qu'une sardine à moins de onze centimètres porte en son ventre 1,5 million d'œufs, il assure que sa pêche contribue à une destruction massive de l'espèce.Et pourtant, des milliers de caisses de sardines minuscules continuent à envahir les pêcheries et à être écoulées sur les marchés au vu et au su de tout le monde.En l'absence d'une police de la pêche pour assurer le contrôle des ports et de l'activité des pêcheurs, cette mission incombe donc aux gardes-cètes.«Si ce n'est la complicité des gardes-cètes, comment expliquer, alors, la circulation de la sardine de moins de onze centimètres sur nos marchés '» s'interroge le président du Syndicat national des marins-pêcheurs et poissonniers qui ne manque pas d'accuser également les services vétérinaires des pêcheries.Dénonçant le «laisser-aller» des gardes-cètes, des services vétérinaires des pêcheries, des directions de pêche, et même de la chambre de pêche, il assure qu'aujourd'hui, «la sardine est en voie d'extinction et ce, depuis dix ans. Il y a quinze ans, nous pêchions 23 000 tonnes de sardines par an. Aujourd'hui, nous en sommes à 72 000 tonnes de sardines par an».Hocine Bellout dénonce également la pêche à la dynamite sur les côtes d'Oran à Ghazaouet ainsi que celle où l'on utilise des types de filets interdits tels que les filets dérivants, les filets invisibles et les filets à quatre bras.Il évoque également le non-respect de la période de repos biologique comprise entre le mois de mai et celui de septembre. «Durant ces quatre mois, les pêcheurs continuent à pêcher durant cette période sans qu'ils soient rappelés à l'ordre», regrette-t-il.Quant à la pollution des côtes algériennes, il affirme qu'elle a touché nombre de variétés de poissons notamment la sardine qui est «très sensible à la pollution», les moules et les fruits de mer. Il rappelle qu'en 2007, cinquante tonnes de moules ont été jetées par le Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l'aquaculture de Bousmaïl, à l'ouest d'Alger, pour cause de pollution.
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