
L'Algérie, le Qatar et le Venezuela mènent une dernière offensive diplomatique pour concilier les positions divergentes au sein de l'Opep, deux semaines avant la réunion fatidique de Vienne (Autriche), prévue à la fin du mois en cours.C'est la dernière tentative diplomatique destinée à surmonter la fracture entre certains pays membres ; l'Arabie Saoudite, l'Iran et l'Irak en l'occurrence. Selon un délégué de l'Opep, cité par l'agence Bloomberg, les négociations du week-end dernier se sont soldées par zéro résultat au compteur, étant donné que l'Arabie Saoudite, l'Irak et l'Iran sont encore en désaccord sur la façon de répartir les coupes de la production.Les Saoudiens se sont dits prêts à réduire leur production à la condition que les autres pays membres acquiescent à trois v?ux : tous les membres doivent accepter une action collective, s'engager à répartir équitablement le fardeau des coupures, le faire d'une manière transparente et crédible sur le marché. Le contrôle en aval de la production de chacun des pays membres peut se faire sur la base des estimations mensuelles de l'Opep, plutôt que sur la base des estimations des pays.C'est le rôle attribué d'ailleurs au comité de suivi proposé par Alger lors de la dernière réunion extraordinaire de l'Organisation, datée du 28 septembre dernier. Mais il s'agit là de l'action ultime après que les quotas soient fixés à chacun des pays membres. Or, les discussions privées du week-end dernier ont mis au jour toute la difficulté de concilier l'Arabie Saoudite et l'Iran et, depuis peu l'Irak. Les trois pays représentent 50% de la production globale de l'Opep. Ce dernier forcing a été mené essentiellement par l'Algérie et le Qatar, alors que le Venezuela a joué le rôle d'intermédiaire entre certains pays membres, selon le délégué de l'Organisation cité par Bloomberg.Le pays du Shah campe sur ses positions, envisageant la proposition de geler sa production à près de 4 millions de barils par jour, alors qu'il était question que les Perses ne pompent pas au-delà de 3,7 millions de barils/jour. L'Irak, qui a pompé environ 4,8 millions de barils/jour a demandé, quant à lui, à être exempt de cet effort de réduction de la production, prétextant une guerre coûteuse contre Daech.Initialement, la réunion de l'Opep à Alger avait décidé que seuls la Libye et le Nigeria seraient exemptés des projets de réduction de la production compte tenu de la situation de troubles politiques dans laquelle se débattent ces deux membres africains. Pour tenter une ultime opération diplomatique, l'Algérie a dépêché à destination de Riyad son Premier ministre, Abdelmalek Sellal, accompagné du ministre de l'Energie, Noureddine Boutarfa.Ce dernier devrait se rendre ensuite au Qatar, où plusieurs autres ministres de l'Opep doivent assister demain à un forum sur le gaz. Ce serait la dernière ligne droite avant la réunion de Vienne prévue à la fin du mois en cours. Sur les marchés, les cours pâtissent depuis plusieurs semaines de doutes désormais généraux sur les chances de concrétisation d'un pacte de réduction de l'offre au sein de l'Opep, alors que l'annonce, fin septembre, d'un accord préliminaire en ce sens avait provoqué une brève embellie, en octobre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Titouche
Source : www.elwatan.com