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Instantané : violence urbaine et culture de proximitéAlger : les autres articles



Instantané : violence urbaine et culture de proximitéAlger : les autres articles
Ces dernières années, on entend dans la rue et on lit dans les journaux des faits de petite délinquance qui prennent du volume dans les cités urbaines et péri urbaines. Des bandes rivales qui, chacune d'elles, bombent le torse et jouent au coq dans les limites de la géographie qu'elles occupent. De la cité El Malha jusqu'à Birtouta en passant par les lotissements de Tessala El Merdja et autres cités situées à Souidania et Haouch El Mihoub à Baraki, la délinquance prend des proportions aussi inquiétantes qu'alarmantes allant jusqu'à la criminalité. Les uns dénoncent l'absence de postes de police au sein-même des cités, les autres imputent la situation d'insécurité à l'environnement malsain charrié par les nouveaux locataires de Diar El Kef et Diar Echems, pour ne citer que ces zones populeuses qui ont investi, à la faveur du relogement, les nouveaux pôles péri urbains.En termes plus clairs, il y a comme une promiscuité qui pèse dans cette cohabitation entre «autochtones» et nouveaux voisins, dont les jeunes trublions tiennent à imposer leur diktat. Il va sans dire que sous la pression du relogement et faute d'étude sociologique, les pouvoirs publics se sont laissés aller à une politique inefficace de la gestion de nos villes. Ils ont parqué les «nécessiteux» pêle-mêle dans les nouvelles cités, à telle enseigne que nombre de familles, faut-il le souligner, gagnées par le sentiment d'insécurité, n'ont pas hésité à prendre la tangente pour fuir ces quartiers devenus malfamés, pourtant flambant neuf, vers d'autres horizons plus quiets.
S'agit-il pour autant une raison de mettre en place une police station dans chaque quartier pour endiguer ou réduire la délinquance ' Où bien passer sa vie à chercher les zones les moins turbulentes pour y couler des jours paisibles ' Il est évident qu'en l'absence de plan urbain intégré, les pensionnaires des quartiers déshérités notamment n'auront de cesse de souffrir le martyre en termes de sécurisation (vol, bagarre, agression, crime'). N'est-ce pas que la ville de Medellin réputée pour sa violence, a réussi à baisser le taux de violence urbaine de 80% ces 9 ou 10 dernières années, et ce, grâce à une politique du vivre-ensemble ' N'est-ce pas aussi que la sécurité et la culture de proximité demeurent deux principaux produits recherchés par la population ' La mairie de Medellin s'est lancée, faut-il le préciser, dans une ambitieuse politique d'investissements publics, en ouvrant des centres d'intégration sociale, dotés de crèches, de salles d'exposition, de lieux de rencontre, de bibliothèques, de ludothèques et d'autres espaces d'expression artistique pour les jeunes.
Le sombre passé de la ville de Medellín semble, dit-on, bien loin derrière elle. Un résultat qui doit mettre la puce à l'oreille et donner de l'audace à certains responsables de nos institutions dont l'établissement Arts et culture qui a du pain sur la planche en matière de culture de proximité. Car ce n'est pas en meublant nos salles avec du «vide» ou du «chtîh oua r'dih» ou encore en ramenant des chanteurs maison à coups de centaines de millions, que nous réussirons à entraîner nos jeunes vers moins de violence et conférer à la ville une atmosphère détendue.
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