Les étrangers qui visitent Alger pour la première fois ont tous cette impression de morosité, «Alger est une ville vétuste» se disent-ils. Ces propos ne sont guère approximatifs, ils reflètent un état avéré de décrépitude, car que ce soit au niveau de l'ancienne ville, héritée de l'époque coloniale ou dans les nouveaux lotissements, l'agglomération arbore, dans l'une comme dans l'autre partie, des allures de ghetto. L'ancienne Alger, celle de l'ère coloniale, s'effrite au gré du temps et de ses aléas. Les immeubles n'étant pas entretenus, ils se désagrègent continuellement. L'idée soutenant que la ville étant très ancienne, donc sujette au délabrement, ne tient certainement pas la route.
A contrario, combien de villes en Europe, qui plus est plus anciennes qu'Alger, sont conservées dans un parfait état ' Ce sont des centaines, pour ne pas dire toutes. Sous d'autres cieux, les anciennes bâtisses sont entretenues de manière systématique. Sous nos latitudes, il faut espérer la visite d'un chef d'Etat pour donner, seulement aux artères principales, un semblant d'éclat qui d'ailleurs disparaît aussi vite qu'il a été appliqué, car accompli dans la hâte et l'improvisation. Incapable de faire dans le même style ou du moins d'essayer de garder la même qualité dans l'exécution des travaux, les nouvelles cités et lotissements qui se sont multipliés un peu partout aux abords de la capitale ressemblent à de gigantesques bidonvilles.
Eu égard à l'énorme préjudice porté au cadre de vie de nos concitoyens, le constat est de l'ordre de la catastrophe. Aucune continuité dans ce tissu urbain improvisé n'est remarquable. Les quartiers sont implantés de manière anarchique, ne répondant à aucune logique urbanistique, encore moins esthétique. Le seul dénominateur commun qui lie ces nouvelles constructions difformes, c'est qu'elles répondent à un besoin grandissant en matière de logement. L'organisation des villes est l'affaire de l'Etat et non pas des individus, qui ne sont pas censés posséder cette vision globale où ils doivent intégrer leurs habitations.
La ville est pensée par des spécialistes qui la conçoivent selon des normes définies. Additionner un nombre de maisons qui se construisent de manière affranchie de toute forme d'intégration dans un ensemble urbain, pour en faire un lotissement, relève de la pure improvisation. En l'absence d'une application stricte et rigoureuse des règles d'urbanisme, il nous est impossible d'évoluer dans le sens de l'amélioration du cadre de vie de nos concitoyens, qui est solidement lié à l'organisation de la ville.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com