Alger - Revue de Presse

Instantané : Casbah, ce tonneau des Danaïdes



Il y a quatorze ans, la journée du 23 février a été déclarée par l'ex-gouverneur d'Alger Journée nationale de La Casbah. Depuis, le site, patrimoine mondial, inscrit sur les tablettes de l'Unesco en 1992, est dans un état de décrépitude avancé en dépit du traitement immédiat que les autorités lui administrent depuis deux ans dans le cadre des travaux d'urgence relatifs au Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé (v/ décret n°03-324 du 5 octobre 2003) qui s'étend sur 105 ha. Certes, le Plan nous édifie sur le bilan de l'état des lieux dressé, le recensement des habitants et des constructions illicites effectué, l'analyse des données socio-économiques, l'état du foncier et ses aspects juridiques sur lequel s'est planchée une équipe d'experts composée d'architectes spécialistes de la restauration et des archéologues, mais pour quand la phase de restauration ' On a appris que le Plan a été finalisé et soumis à  l'approbation du gouvernement qui devra réunir un Conseil interministériel pour voter un budget destiné à  la restauration de ce patrimoine national, selon Abdelouahab Zekagh, directeur général de l'OBGEC qui s'est montré, il y a moins d'un mois sur les ondes de la Chaîne III, optimiste et rassurant quant au devenir de cette cité. Une manière de nous faire entendre raison qu'il n'y a pas lieu de crier haro ni d'être alarmiste lorsqu'on sait que «depuis 1962, il a été dépensé 2400 milliards de dinars pour La Casbah (…)», alors que «globalement, la restauration (de la cité d'Ibn Mezghenna) nécessite une enveloppe financière de 56 milliards de dinars», avait-il indiqué. Si l'on se fie au chiffre de 2400 milliards de dinars, soit près de 2,5 en termes de billions, qu'ont engloutis les programmes de restauration depuis le Comedor jusqu'à l'Ofares, en passant par l'Ofirac, la réhabilitation de La Casbah est assimilée à  ce tonneau des Danaïdes. Un montant effarant qui nous permet de construire… une ville. Mais on fait du surplace dans la réhabilitation de ce legs. On ne sait plus si on doit prendre acte du passé ou pleurer cette Casbah dont les demeures étayées et murées sont de nouveau squattées. Si on doit finir ou non les travaux engagés dans certains biens immobiliers culturels et historiques. Si on doit rouvrir ou laisser en stand-by des locaux qui pourraient booster l'artisanat. Si on doit maudire cette cité – sans cheikh el baladia – livrée aux cloaques et monticules d'ordures et de gravats que Netcom peine à  débarrasser. Ou si on doit la démolir et nous coller à  l'adage populaire «yâthâna el fertas min hâkân errass» (fini pour le chauve de se gratter la tête).
 
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