
L'Etablissement arts et culture de la wilaya d'Alger a concocté, pour les soirées des 26 et 28 septembre, une palette artistique riche et diversifiée choisie soigneusement pour mettre en valeur le patrimoine musical algérien», lit-on dans l'agenda d'un titre national. Pour les organisateurs de ces deux événements culturels, s'agit-il de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ou s'agit-il tout juste d'un couac de leur part en matière de genre de musique déclinée par le groupe espagnol Camino Andaluz qui a animé une soirée de flamenco à la salle Ibn Khaldoun et du groupe rock Everest qui a foulé la scène du complexe Laâdi Flici ' Il est vrai que la musique est universelle, et pour reprendre le maestro Hacène Larbi, lors du dernier Festival international de la musique symphonique, «ce qui est clivant, c'est de dire qu'il existe une sous-musique et une sur-musique ('). Il faut sortir de cet étiquetage, l'universalité réunit, elle ne clive pas», a-t-il relevé en substance.C'est comme pour signifier que les mélodies composées par Abdelwahib Salim et les airs mis en symphonie par Antonin Dvoák n'ont pas de frontière, et il serait faux de les confiner dans un espace temps ou dans une géographie limitée. En termes plus clairs, la musique demeure cet humus qui alimente les différentes cultures censées plaider le partage local, tout en se permettant de se donner des ailes pour accéder à l'universalisme ou à l'atemporel. De surcroît, «la musique est le chemin le plus court d'un c'ur à un autre», aimait à dire H. Larbi. Certes, le flamenco, qui date du XVIIIe siècle, reste un genre musical et une danse, «créés (') sur la base d'un folklore populaire issu de diverses cultures qui s'épanouirent au long des siècles en Andalousie», mais reste d'essence espagnole.
C'est comme le fado qui caractérise le mieux l'esprit portugais, dès lors qu'il est directement lié à l'histoire et aux racines culturelles lusophones. Bien que ces deux genres précités puissent être adoptés chez nous, ils n'en restent pas moins foncièrement ancrés dans la société ibérique. N'est-ce pas que c'est aussi valable pour la musique populaire brésilienne qui est née de la rencontre de trois univers sonores puisés des traditions amérindienne, européenne et africaine ' Quant au rock, c'est un genre musical apparu dans les années 1950 aux Etats-Unis et qui s'est développé dix ans plus tard, particulièrement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Il emprunte au rock'n'roll des années 1940 et 1950, lui-même grandement influencé par le rythm and blues et la musique country.
Donc, il n'a rien à voir avec notre algérianité, quand bien même on lui accole l'épithète alternatif. En résumé, le flamenco tire sa source du folklore populaire, s'abreuve du terroir et enrichit le patrimoine espagnol (et non algérien) comme le rock qui s'est développé grâce à une histoire croisée, mais reste un héritage anglo-saxon, bien qu'on puisse l'algérianiser.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Tchoubane
Source : www.elwatan.com