
Alger a-t-elle réussi son pari de se débarrasser de ses bidonvilles à la fin de l'année qui vient de s'écouler, comme promis par nos «bien-pensants» ' Alger la Blanche a-t-elle relevé le challenge de ne plus voir sur son sol des habitats précaires venir ternir son image de grande mégalopole du Bassin méditerranéen ' Alger peut-elle s'enorgueillir d'être la première capitale africaine et arabe exempte de favelas ' Alger agirait-elle de main de fer pour ne plus permettre l'implantation de masures sur ses zones fraîchement libérées ' Et qu'en sera-t-il des lambeaux de bidonvilles qui restent juchés sur les versants de la ville 'Seront-ils, eux aussi, éradiqués, ou fermera-t-on l'?il avant de les voir grossir une nouvelle fois ' Des interrogations qui ne laissent pas moins nourrir quelque doute, bien que les autorités répètent à l'envi avoir triomphé des six grands bidonvilles de la capitale. Ces derniers ont été résorbés à coups de moult opérations de relogement, pour laisser place, apprend-on, à de futures implantations de logements décents.C'est tout le mal qu'on souhaite à une capitale qui se prépare à tourner le dos à l'urbanisation anarchique avant de donner un look attrayant, dit-on encore, avant 2029. Sans camper le rôle de rabat-joie, il y a lieu cependant de frémir quelque peu en relevant que nombre de poches d'habitations de zinc risquent de se transformer en grands bidonvilles, comme Erremli, La Caserne, Qariet Echouk ou Bousmaha, avant de mettre l'Etat devant le fait accompli.En empruntant la télécabine, le moyen de transport urbain assurant Triolet-Bouzaréah, le regard du voyageur plonge sur des pâtés de galetas en tôle au niveau de la cité dite «la Fantom». Des dizaines de familles y élisent domicile dans des cases insérées dans le décor raviné de Oued Korich ou Bouzaréah (ça dépend de quelle commune relève cette portion de géographie). Initialement, ces concrétions de taudis arrimés dans ce versant servaient tout juste de toit conjoncturel pour les ouvriers et autres man?uvres embauchés pour réaliser les immeubles Cosider durant les années 1980 dans la zone urbanisable, tout juste près.Depuis, ces cambuses destinées aux tâcherons ont grandi après avoir été vendues par les premiers pensionnaires. Des maisonnées sont entassées dans ce bout de territoire et les pouvoirs publics n'ont pas jugé utile de supprimer ce bidonville qui continue à rogner, au fil des jours, des arpents de terre du beylik.Dans un autre versant, le décor ne donne pas moins froid au dos : dans les abords de la station de télécabine du village Céleste, un fouillis d'une centaine de gourbis, agrippés à flanc de colline, occupent, depuis plus d'une quinzaine d'années, une partie de la forêt de Bouzaréah. Cela hormis les poches de bidonvilles qui gonflent sur les collines, pentes, ravines et berges de la wilaya.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Tchoubane
Source : www.elwatan.com