
En sillonnant le parcours du port d'Alger, un monument commémoratif rappelle le souvenir des dockers victimes du lâche attentat du 2 mai 1962 perpétré par la sinistre Organisation de l'armée secrète (OAS) sur les lieux. Un peu plus loin, nous sommes apostrophés par un mémorial qui s'élève majestueusement sur une place : une douloureuse séquence de la Bataille d'Alger dans la zone autonome d'Alger qu'illustre un socle flambant neuf sur lequel trois statues peintes aux couleurs du soleil trônent : Ali Amar dit Ali la Pointe (sobriquet relatif à la place dite «Pointe des blagueurs» à Miliana et non à «Pointe Pescade») portant une mitraillette, Hassiba Ben Bouali flanquée de son escarcelle et Omar Yacef dit P'tit Omar tenant sous son avant-bras une masse de documents.Un jeune élève de La Casbah me demanda pourquoi trois chouhada seulement paraissent sur ce support, alors qu'il y avait bien un quatrième chahid avec eux dans la cache. «Mon père m'a révélé que Mahmoud Bouhamidi, alors âgé de 18 ans et comptable de son état, avait rejoint ??el khaoua'' et était bel et bien avec le groupe», évoque le jeune désemparé.Et de poursuivre sur un ton surpris : «Même au niveau de l'entrée du siège de la commune de La Casbah, sa photo, contrairement à celles des trois autres moudjahidine, ne figure pas.» Interloqué, je ne savais quoi dire à ce jeune gars. J'étais embarrassé par mon impuissance de ne pouvoir assouvir sa curiosité légitime. Un jeune qui veut connaître son histoire et quelques bribes de l'histoire de son quartier, comme aiment tant à le rappeler nos «bien-pensants». Je fis mine de ne pas l'avoir entendu, mais j'étais toujours aussi gêné de ne pouvoir satisfaire à son interrogation.Pourtant, l'armée coloniale commandée par le général Massu de sinistre mémoire n'hésita pas à souffler la maison au c?ur de La Casbah, sise au 5, rue des Abderames en ce jour du 8 octobre 1957, où quatre martyrs, retranchés dans leur repaire, rejoignirent l'Au-Delà. Une sculpture en haut-relief du quatrième martyr sur le piédestal n'aurait pas été une lésion mémorielle et aurait permis de remettre les pendules à l'heure de notre histoire. Une histoire ni galvaudée ni hachée, dite et écrite pour la postérité. Sauf s'il s'agit de trucider Mahmoud Bouhamidi une seconde fois sur l'autel de la bêtise.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Tchoubane
Source : www.elwatan.com