Un peu plus d?un mois après l?attentat contre Rafic Hariri, le Liban serait-il sur le point de voir resurgir ses vieux démons de la guerre civile avec l?explosion hier, à Beyrouth, d?une voiture piégée qui a fait plus d?une dizaine de blessés ? La capitale libanaise, selon les observateurs et les correspondants de presse sur place, a commencé à renouer avec la peur depuis le début de la série noire des attentats enclenchée en octobre 2004. En tout cas, la situation semble des plus préoccupantes au point que le président Emile Lahoud a renoncé à faire le déplacement sur Alger où il devait participé au sommet arabe. Plus encore, les principaux acteurs politiques libanais ne cachent pas leur inquiétude. Certains d?entre eux, à l?instar de Walid Joumblat, vont jusqu?à prédire même d?autres attentats et d?autres assassinats de personnalités si le président Lahoud ne quitte pas le pouvoir. Le Hezbollah chiite, pour sa part, a une fois de plus rejeté l?appel à désarmer lancé par le chef de l?Eglise maronite du pays fait peu de temps après avoir été reçu par le président américain George W. Bush. De son côté, l?armée libanaise a lancé une mise en garde contre toute poursuite des provocations et toute tentative de déstabilisation tout en s?efforçant de rabaisser la tension politique qui donne, à ce qu?elle considère comme de simples « incidents », une ampleur disproportionnée. Cette sortie de l?armée libanaise suscite des interrogations d?autant que le pays tout entier vit dans ce climat particulier et s?apprête à entrer dans la course aux législatives prévues en mai prochain avec pour toile de fond le spectre de la guerre civile qui a marqué le pays pendant plus d?une décennie. Climat particulier caractérisé par l?isolement du Président libanais sur la scène intérieure, acculé par une opposition qui veut en « découdre » avec lui en profitant au maximum des conditions nées du retrait des troupes syriennes et de leur repli sur la bande frontalière de la Bekaâ, desquelles elle attend d?ailleurs le départ définitif du pays. Mais les choses ne sont pas aussi simples, car les autres forces politiques taxées de pro-syriennes veulent avoir leur mot à dire sur le futur échiquier politique libanais, qui reste à construire, et que les accords de Taêf de 1995 enterrant définitivement la guerre civile n?ont pas pour autant réglé.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com