Le rideau est tombé lundi sur le Festival du cinéma avec la projection d'un long métrage dédié à l'engagement pour la défense des droit des enfants.
Le Festival international du cinéma d'Alger consacré aux Journées du film engagé d'Alger organisées à la cinémathèque d'Alger ont pris fin lundi par la projection du film «Poussière de vie» du réalisateur Rachid Bouchareb. Ce long métrage est une coproduction de l'Algérie, de la France, de l'Allemagne, de la Belgique et de Hong-Kong, réalisée en 1995. C'est aussi une adaptation du roman d'un journaliste et écrivain vietnamien, l'une des victimes du camp ayant fui vers la France dans les embarcations de la mort.
Le film présenté sous la bannière algérienne malgré le peu d'aide de l'Algérie, a avoué Ahmed Bédjaoui, a été nominé en 1998 pour l'Oscar du meilleur film étranger. On y retrouve au générique, le célèbre, feu directeur de la photo, Youssef Sahraoui et Safy Boutella qui a signé la bande son musicale du film. Les amateurs du 7e art ont ainsi eu l'occasion de voir ce film poignant en présence de l'un de ses acteurs qui fera remarquer que le film a été entièrement tourné en Malaisie. Le film n'est jamais sorti en Algérie. La projection de mardi dernier est donc une première. Au Vietnam, le film non plus n'a pas été présenté, car le scénario à l'époque avait été déjà rejeté. «Au Vietnam a avoué le comédien, les salles de cinéma passent des films lisses où l'on voit que des gens danser et chanter comme à Bolywood». L'action du film se passe en 1975. Rachid Bouchareb s'est employé à briser un tabou de la guerre du Vietnam. 20.000 enfants nés durant cette guerre, de mariages mixtes américano-vietnamiens ont été abandonnés après le retrait des forces américaines, jetés dans des camps de redressement vietnamiens, fruit d'unions illégales avec des femmes considérées comme l'opprobre de la conscience nationale. Poussières de vie était l'expression utilisée par les Américains pour évoquer ce drame. Le film met en scène un enfant Son (Poussière de vie), fils d'un soldat noir américain et d'une Vietnamienne. Placé dans un camp de redressement où il subit les pires sévices et est traité comme un esclave par les soldats. Il se lie à Bob, plus âgé, qui lui apprend la débrouille. Ils s'évadent à bord d'un radeau, en vue d'atteindre Saigon, en vain. Ils sont repris et condamnés à la cage du tigre où Bob meurt. Une nuit, un soldat pris d'affection pour Son vient le libérer. Son, un enfant pas comme les autres, est obsédé par l'écriture. Le soldat lui a offert un stylo, Son se mettra à noter chaque jour son quotidien sur du papier. Le film commence très vite par l'arrestation d'un millier d'enfants et leur affectation dans un camp de concentration pour finir dans un rythme lent et éreintant, traduisant la fragilité de ce monde enfantin qui apprend très vite la loi de la jungle, celle des hommes qui ne connaissent pas la pitié. Le réalisateur parvint à nous transmette la détresse de ces enfants humiliés, torturés et dressés comme des animaux. La prière aussi est ici interdite. Le communisme patent de l'époque collé à l'athéisme triomphant conforte à ce no man's land, le sentiment de lassitude révolutionnaire de la fin de la seconde mondiale qui compte ses dernières heures glorieuses et obligé de faire face à la reconstruction d'un nouveau monde. Comme dans Hors-la-loi ou Indigènes, Rachid Bouchareb se plait à monter cette illusion de la guerre chez des soldats appelés quasi désenchantés, en réinventant ce discours de la réhabilitation des militaires. La diabolisation de l'ennemi est ainsi flagrante et obéit à un système d'identification contre cette hégémonie impérialiste qui commande le monde. La musique qui accompagne quelques séquences du film redonne de l'épaisseur au propos tout en accentuant le drame humain qui s'en dégage. La commissaire du Festival, Zahira Yahi a déclaré à la presse, lors de cette soirée, que cette première manifestation extrêmement importante a été saluée tant par l'assistance, que par les participants, ajoutant que l'événement sera d'autant plus retentissant tout en lui conférant un cachet international à partir de l'année prochaine, et cela en raison de l'avènement qui marquera l'année 2012, à savoir la célébration du cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. Pour rappel, 18 films, longs et courts métrages, ont été projetés à la cinémathèque d'Alger dont Persona non grata de l'Américain Oliver Stone, Namibia du réalisateur américain Charles Burnett, Ecuador du réalisateur suisse Jacques Sarasin et Territoire perdu du Belge Pierre-Yves Vandeweerd. Un regard particulier a été accordé à la Palestine à travers deux focus sur le cinéma palestinien au féminin avec une dizaine de courts métrages réalisés par des Palestiniennes. Certains de ces films ont été réalisés dans le cadre 2009 El Qods, capitale de la culture arabe et se sont attachés à montrer le lien indéfectible qui relie les Palestiniens à leur terre et à leur histoire. Notons enfin que l'ensemble des films projetés ont abordé différents genres d'engagement outre celui relatif à la politique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com