
Inattention, hyperactivité et insolence entraînant l'échec scolaire, sont autant de troubles du comportement qu'un diagnostic précoce et une prise en charge par une équipe pluridisciplinaire peuvent corriger et, par ricochet, déculpabiliser les parents. Ces derniers, devant la méconnaissance ou l'incompréhension de la pathologie, se voient échouer dans l'éducation de leurs enfants. Pour remédier à cette situation et informer au mieux, l'association Trouble hyperactif et déficit de l'attention (Thada) a organisé, hier à Alger, des portes ouvertes en conviant les parents à un entretien avec les psychologues et les pédopsychiatres. Ce débat tend à « déculpabiliser les parents sur l'éducation de leurs enfants en les informant et les orientant vers les professionnels de la santé les mieux indiqués dans la prise en charge de ces pathologies », expliquera le Dr. Berrah, membre de Thada. D'autant que, dira-t-elle, « notre association dispose d'un réseau de professionnels prêts à intervenir ». L'association, créée en 2000, reste une lueur d'espoir pour bon nombre de parents d'enfants hyperactifs. Le souci majeur, comme nous l'a souligné le Dr. Berrah, est « de faire face aux échecs scolaires qui restent importants dans notre pays. Dans le monde, 7% des enfants en déperdition scolaire sont hyperactifs et nous estimons que parmi les enfants en échec scolaire, un pourcentage appréciable serait atteint d'hyperactivité. Une situation qui plonge les parents dans la détresse et les enseignants dans le désarroi », explique-t-elle. L'hyperactivité est devenue un véritable casse-tête pour les parents venus en force à cette journée d'information pour tenter de comprendre leurs enfants mais aussi parler de leur expérience. Parmi eux, cette maman qui avoue avoir vécu dans l'angoisse et l'impuissance. « Mon enfant, depuis sa naissance, bougeait énormément, il manquait de concentration d'où les résultats médiocres à l'école, et devenait agressif envers son frère aîné et sa jeune s'ur. La consultation chez le psychologue et la prise d'un traitement prescrit par le neurologue ont permis des résultats probants sur les plans relationnel, comportemental et scolaire. Bien qu'il reste dans le négatif, puisqu'il baisse les bras devant chaque obstacle ». Cette maman n'exclut pas aussi l'apport des enseignants qui comprennent mieux son cas et ne le blâment plus. Pour le Dr. Mahieddine, de l'unité de dépistage de Dely Ibrahim, rattaché à l'hôpital psychiatrique de Chéraga, « dans la prise en charge de l'enfant hyperactif, des paramètres thérapeutiques sont à prendre en compte, car dans 70% des cas, le trouble est associé à d'autres pathologies comme la dyslexie ». De son côté, le Dr. Asma Oussedik, de l'hôpital de Chéraga, déplore l'absence de formation des pédiatres en pédopsychiatrie. « Les pédiatres et les médecins généralistes, notamment ceux intervenant en milieu scolaire, sont en première ligne avec les généralistes », dira-t-elle. La sonnette d'alarme est tirée pour un dépistage précoce en vue d'une meilleure prise en charge dès les premiers signes. Et, canaliser l'hyperactivité par seulement le sport, peut mener à l'échec de la prise en charge.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Souhila Habib
Source : www.horizons-dz.com