Sur les quatre premiers mois de 2011, on retrouve 9 jeunes mineures violées sur 229 cas.
Un débat long et fructueux, parfois passionnant, s'est instauré à l'issue de communications tournant autour de la problématique du rôle de la femme dans la société civile mais aussi sur les violences et autres abus faites contre elle lors d'une rencontre tenue dimanche au centre psychosocial relevant de la FOREM (fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche). Rencontre ponctuée par la création d'un premier noyau devant constituer le réseau femmes de l'ouest du pays que dirigera Madame Belmokhtar Nacéra, militante féministe. Plusieurs sujets liés à la thématique ont été développés par les conférenciers.
Madame Zmerline, Bachir Bacha, Melle Boukawla et M.Mekki se sont succédé pour dire le rôle de la femme dans la société, a fortiori à l'aune de réformes devant lui valoir un quota dans les assemblées élues et la présentation d'une étude de la gendarmerie nationale par Melle Z. Boukawla sur la base d'affaires traitées. Les chiffres communiqués par cette psychologue, bien que relatifs, restent éloquents et font même peur concernant les abus et autres viols commis depuis 2005 aux premiers mois de l'année en cours.
Abus sexuels
Selon la conférencière, et en dépit de l'article 336 du code pénal très répressif qui condamne le violeur, la courbe ne cesse d'accroître. Sur les 244 femmes violées en 2005 on retrouve 138 mineures. En 2006, on retrouve 134 mineures sur 225 cas. En 2007, on note un léger fléchissement avec 15 mineures violées sur 242 alors que sur les quatre premiers mois de 2011, on retrouve 9 jeunes mineures violées sur 229 cas. Au-delà du viol qui ne reste plus un tabou vient l'inceste. 14 cas ont été traités en 2009, 12 en 2010 et 6 cas pour les quatre premiers mois de l'année en cours. Derrière Tlemcen, Tiaret vient en seconde position sur les cas de viols suivie par Alger en 2009.
En 2011 et jusqu'à la fin du mois d'Avril, Oran caracole en tête avec 37 cas suivie par Alger en deuxième position avec 24 cas et enfin Tiaret toujours dans le hit parade avec 18 cas. Un effort de formation et d'implication devrait s'instaurer. Il faut que la femme assume sa condition et doit lutter tout en faisant fi d'une certaine forme de résistance au changement, que d'aucuns qualifient de soumission. D'autres chiffres sont invoqués pour dire la condition de la femme aujourd'hui dans notre pays. Seules 13% d'entre elles occupent des postes de responsabilités. M.Mekki, dans une réflexion sur l'égalité, pense que «la femme doit rentrer et militer dans les partis et les associations. Il faut de l'engagement politique et ne pas se suffire des quotas».
Selon ce professeur «la parité reste irréalisable compte tenu des conditions sociales de notre société» et que «parité ne veut pas dire égalité» allant jusqu'à invoquer la théorie des genres et le droit des acquis. Décortiquant des aspects liés à ces abus sexuels, d'autres conférencières se sont relayées pour rappeler les différentes formes de viol. Depuis celui fulgurant au collectif en passant par l'emprise, l'inceste et par personne ayant autorité. 30% de ces femmes agressées sexuellement sont le fait de cadres supérieurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fawzi Amellal
Source : www.elwatan.com