Les institutions de l'Etat sont en hibernation. Pourtant, tout portait à croire qu'un coup de frein serait donné à l'immobilisme après les élections du 10 mai dernier. Or, force est de constater qu'il n'en est rien. L'APN a du mal à démarrer ses travaux alors que plusieurs ministères ne fonctionnent plus que grâce à des intérimaires.
Si pour l'APN, il est facile de trouver des mobiles expliquant cette lenteur au démarrage, il est plus difficile de digérer les causes d'un retard de constitution d'un nouveau gouvernement. Pourquoi le wait and see du Parlement est-il moins préjudiciable à la démocratie' D'abord, parce que son mandat s'étend sur cinq ans et qu'il est toujours aisé de procéder au vote des lois et au contrôle du gouvernement à des occasions diverses en ce laps de temps. Pour ce qui est de la loi de finances, sa présentation ne devrait s'opérer qu'à la fin de l'été. Parmi les bienfaits de cet intermède il y a aussi le fait que c'est un bon moyen d'éviter l'inflation législative. Le Parlement n'aura à voter que les lois strictement nécessaires au fonctionnement de l'Etat et à l'organisation de la société.
Les députés n'auront de compte à rendre qu'à leurs électeurs. Et ils n'auront à se soumettre à cette obligation que dans cinq ans. C'est sur leur bilan qu'ils seront jugés et non sur des initiatives isolées et conjoncturelles. Laissons-leur le temps de faire leurs preuves. On verra bien si leurs missions seront menées à bien. Dont celle de contrôler l'Exécutif. Mais les résultats obtenus dans ce chapitre seront grandement tributaires de la composition du gouvernement. On sait déjà que le FLN est majoritaire à l'APN et si le gouvernement est de la même couleur, il y aura certainement une sorte de conflit d'intérêts et un blanc-seing pour les ministres. Ces derniers, par contre, ont une tâche qui se déroule au quotidien. C'est pour cette raison que les noms des nouveaux titulaires de ces postes sont scrutés avec attention. Mais pas seulement. Dans un régime semi- présidentiel, le gouvernement est la vitrine du pays même s'il revient au président d'incarner l'unité de la nation. En tout cas, les électeurs ont le droit de s'attendre à des changements, même s'ils savent qu'ils ne seront pas profonds. Si l'Etat rate la période post-électorale pour redonner espoir aux Algériens, il aura toujours droit à un deuxième essai à l'occasion des élections locales. Mais le risque est de perdre en crédibilité à force d'attentisme. Le plus judicieux aurait été d'embrayer tout de suite sur les élections législatives pour ne pas laisser les citoyens dans l'expectative.
Au lieu de cette évolution, les partis se sont payés le luxe de raviver leurs querelles. Y compris au sein du parti majoritaire, comme le FLN en a livré l'illustration ce week-end à Alger.
RND et Alliance verte ne sont pas épargnés par des crises. Idem pour les partis de l'opposition. C'est le FFS qui remporte la palme d'or en matière de querelles internes. On voit bien que l'APN n'est pas la seule institution à pâtir de la déliquescence du paysage politique. Ne se trompe-t-on pas de cible en concentrant les tirs sur les élus de la Nation'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed MESBAH
Source : www.lexpressiondz.com