En dépit de l'arsenal réglementaire important régissant l'industrie pharmaceutique, les investisseurs et les industriels du secteur se plaignent, tout de même, d'insuffisances sur le plan de la réglementation.Ce qui contraint ces derniers à prendre beaucoup de risque ' Que ce soit dans l'investissement, la production ou l'exportation. C'est ce qui ressort des déclarations des intervenants, lors de la tenue, hier, des 1res Journées de l'Industrie pharmaceutique algérienne de l'UNOP, à l'Ecole supérieure de l'Hôtellerie et de la Restauration, à Ain Benian, à Alger. Le comble, selon les intervenants, est le fait que notre pays n'est pas du tout doté d'une réglementation spécifique pour les bio-similaires, ni pour les plantes médicinales, ni pour les compléments alimentaires.
Pour Mme Lamia Hadj Messaoud, membre du Comité des affaires réglementaires de l'UNOP, l'environnement réglementaire n'est toujours pas favorable à l'épanouissement de l'industrie pharmaceutique. En rappelant que cette industrie est un secteur exigeant plus que tout autre, une réglementation stable, prévisible et transparente. Pour Mme Hadj Messaoud, le secteur de l'Industrie pharmaceutique nécessite des investissements lourds, et donc un retour sur l'investissement à moyen et long termes, ainsi qu'une sécurisation maximale du patient. Il est indispensable que toute règle soit clairement écrite et son mode d'application explicité, avec précision. Selon l'intervenante, une réglementation « pointue » permettra également, à l'Administration d'avoir un support lui permettant une célérité et une précision dans la prise de décision, et aux opérateurs de connaître leurs obligations et leurs droits. Et ceci, pour éviter l'improvisations et l'approximation, les chrono-phages budgétivores. La conférencière a ainsi plaidé au même titre quee l'ensemble des intervenants, à la mise à niveau réglementaire dans le secteur de l'Industrie pharmaceutique.
Le président de l'UNOP, Dr Abdelouahed Kerrar, a affirmé pour sa part, que le principal obstacle en industrie pharmaceutique est d'ordre organisationnel. Et d'exiger tout simplement, des simplifications des procédures et plus de flexibilité dans les mécanismes de régulation de l'activité. Il a ainsi, plaidé pour la rénovation et la modernisation du cadre légal et réglementaire régissant la filière. Et ce, pour permettre à l'Industrie pharmaceutique de concrétiser l'objectif fixé par les autorités, fixant une couverture de besoins nationaux à hauteur de 70 %. Le Dr Hocine Mahdi, directeur général ‘Industry Médical Service' (IMS Health Algeria), a affirmé pour sa part, qu'on est arrivé, actuellement, à 47 % de parts de marché de production en valeur, alors qu'on était à 20 %, il y a 10 ans. Et d'affirmer qu'on est à plus de 60 % en volume (en nombre de boîtes). Pour l'intervenant, tout ce qui a été fait jusqu'à aujourd'hui, est encourageant, mais dit-il, les autorités, doivent bien réfléchir sur l'avenir de cette industrie. Et d'expliquer que cette prouesse de 60 % de volume et 47 % de chiffres d'affaires a été réalisée avec 80 unités industrielles qui activent dans le pays. Et selon le ministère, dit-il, il y a 150 autres unités qui arrivent dans les années à venir d'où la nécessité de se développer et se déployer sur les marchés extérieurs.
Le Dr Hocine Mahdi a tenu à souligner que le marché algérien fait 4 fois le marché marocain. Et d'affirmer que la Tunisie a un marché de 900 millions de dollars, le quart de nos chiffres d'affaires, mais par rapport au dynamisme pharmaceutique, ils nous dépassent, notamment en matière de déploiement à l'étranger. Il y a des acquisitions d'entreprises marocaines et tunisiennes, en Afrique de l'Ouest francophone et au centre d'Afrique à Rwanda, par exemple. Il a également cité la Jordanie, un petit pays qui est arrivé aujourd'hui à exporter dans 60 pays, dans le monde. Il conclut : «on ne peut pas avoir une forte industrie pharmaceutique, en se contentant de couvrir les besoins nationaux ou travailler uniquement sur le marché local». L'intervenant s'est dit surpris d'apprendre tous les risques qu'encourent les investisseurs s'il y a un retard de paiement et quand vous ne rapatriez pas votre argent aussitôt. Et de regretter «on est, malheureusement, à l'âge de pierre en matière d'exportation». Il relativise, en affirmant, mais si on arrive à exporter avec toutes ces difficultés et risques, 3 millions de dollars de médicaments, en Afrique, «avec un climat d'exportation favorable, la filière fera beaucoup mieux». Et de conclure : «il faut, seulement, une volonté politique et non pas des discours politiques».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com