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Indus occupants



Indus occupants
Le phénomène est devenu si visible qu'on en parle dans tout Alger, ainsi que dans les autres villes du pays, notamment les plus grandes : la violence urbaine progresse, les trottoirs sont livrés aux vendeurs à la sauvette, les espaces publics transformés en marchés ou en parkings, au gré du parrain du coin qui en use comme d'une propriété privée. Et l il des autorités est si bienveillant que, désormais, les vendeurs à la sauvette, comme leur nom ne l'indique plus... ne se sauvent pas à la vue de policiers en uniforme.
Au fil du temps, le laxisme de l'Etat, manifestement volontaire, a fini par donner lieu à des interprétations graves, très graves, et néanmoins difficiles à récuser : il y aurait, pense-t-on, comme un deal entre les autorités ankylosées par leur impuissance, d'une part, et ces bataillons de dés'uvrés, laissés-pour-compte, victimes à la fois de leurs conditions sociales et d'une école au rabais, d'autre part. Car, à l'évidence, l'Etat laisse faire.
Mais alors, d'où vient que l'Etat soit ainsi otage de sa propre impuissance à agir ' Cette prolifération de zones de non-droit où l'on peut s'adonner à toutes sortes d'activités illégales mais lucratives est-elle perçue comme une réponse aux besoins économiques et sociaux des populations défavorisées ' On serait tenté de le croire, car les institutions publiques, elles-mêmes squattées, sont incapables de produire des politiques publiques à même de freiner la propagation de la pauvreté et de sauvegarder la suprématie du droit et le caractère inaliénable des biens communs. Il y a pourtant urgence, aux yeux de nos gouvernants qui savent que la situation sociale d'une large partie de la population est source de péril pour eux-mêmes. Et pour cause, l'onde du Printemps arabe est toujours en action et sa propagation est jugée plus dangereuse encore que celle de la misère.
C'est l'occupation indue des espaces institutionnels qui, eux, sont surprotégés, qui aboutit, on le constate désormais, à la 'colonisation" des espaces
publics devenus de hauts lieux de dépassements en tous genres, où seule règne l'impunité. n
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