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Improvisation et fait accompli



Ce n'est pas la première fois que les autorités prennent des décisions hâtives, notamment depuis l'apparition de la pandémie de coronavirus, en 2019, avec une communication décriée pour une efficacité peu rassurante.Des milliers de parents algérois ont été surpris hier, en découvrant la fermeture des crèches, pour une durée d'une semaine, à compter du 30 janvier, suite à une note de la wilaya d'Alger adressée aux directeurs de ces établissements, publics ou privés.
Cette décision a été prise, selon les services de la wilaya, "dans le cadre des mesures supplémentaires de prévention contre la propagation de la Covid-19 et la préservation de la santé des citoyens", lit-on dans le document.
Si cette mesure exceptionnelle est justifiée par la situation sanitaire, marquée par une forte flambée des cas de contaminations à la Covid-19, elle ne manque pas, en revanche, de susciter un véritable désagrément parmi les parents.
À plus forte raison quand on sait que les responsables de la wilaya ont, visiblement, attendu jusqu'au dernier moment pour informer les directeurs de crèches de cette fermeture jugée, par ailleurs "intempestive", selon les témoignages de nombreux parents frappés de désarroi. Les femmes actives, avec enfants, sont en effet totalement déroutées par cette mesure tombée samedi soir, soit à la veille d'une journée ouvrable.
"Je comprends la décision de la wilaya face à l'urgence sanitaire, depuis notamment la forte propagation du coronavirus parmi les enfants, mais ce qui me désoriente c'est le fait que cette décision a été prise de manière anarchique, la veille d'une journée de travail", écrit une internaute sur la page Facebook Bnatte l'Algérie, qui compte des milliers d'abonnés.
Une autre renchérit, en avouant être complétement perdue d'autant plus, écrit-elle, que la crèche de ses enfants ne l'a informée qu'en fin de journée de samedi, vers 18h30.
"Je suis obligée de m'absenter de mon travail, demain (dimanche, ndlr), en attendant de m'organiser et trouver où mettre mes enfants", écrit cette internaute. Comme elles, des milliers de femmes actives, à Alger, se voient ainsi dans l'obligation de faire appel soit à des nounous ou encore aux grands-parents pour assurer la garde de leurs enfants.
Un vrai problème, en somme, pour toutes ces femmes dont certaines gèrent déjà difficilement les congés exceptionnels accordés aux élèves des trois cycles scolaires depuis plus de dix jours.
Dès lors, se pose la question de savoir, finalement, si toutes ces décisions sont prises en prenant en considération toutes les conséquences qui les suivent. Bien sûr, la santé publique n'a pas de prix. Il est évident qu'elle est prioritaire et passe avant tout.
Par contre, il est anormal, à ce niveau de gestion, de prendre ces mêmes décisions dans la précipitation, induisant, par conséquent, de grosses perturbations. Dans le cas qui concerne, par exemple, la fermeture des crèches, la note des services de la wilaya date du 29 janvier 2022, et les directions de centaines de crèches, publiques ou privées, l'on reçue le jour même.
Une décision qui aurait pu être communiquée bien avant pour permettre ainsi aux parents de mieux s'organiser face à une situation exceptionnelle. Car, au final, ce n'est pas seulement les parents qui s'en trouvent pénalisés, mais aussi les entreprises dont le personnel est amoindri, comme en témoigne une gérante d'une clinique médicale, à Alger.
"Nous avons enregistré plusieurs absences ce matin (hier, ndlr), parmi nos employés. 80% de notre personnel est composé de femmes dont beaucoup sont des mamans, avec enfants en bas âge. La gestion n'est pas évidente dans ces conditions. Je comprends que nos employées n'ont pas eu le choix à part celui de s'absenter ce matin, en attendant de trouver une solution", affirme cette gérante.
Mais, poursuit-elle, "ce qui est par contre incompréhensible c'est que cette décision a été, visiblement, prise de manière intempestive et urgente, sans penser aux conséquences qui peuvent en découler", déplore-t-elle, en précisant que dans le secteur de la santé, la majorité du personnel est composé de femmes.
Ce n'est pas la première fois que les autorités prennent des décisions, notamment depuis l'apparition de la pandémie du coronavirus, en 2019, dans la hâte, avec une communication décriée pour une efficacité peu rassurante. Les exemples sont légion.
Pas plus que la semaine dernière, les autorités se sont livrées à un véritable cafouillage, sur la reprise, ou pas, des cours en classe. La suspension, d'abord pour dix jours, du 20 au 30 janvier, des cours, décidée dans le cadre des mesures préventives contre le coronavirus, a été finalement prolongée d'une semaine, jusqu'au 5 février.
Encore ici, cette décision n'a été prise que 48 heures avant la date de reprise initialement prévue. Jusqu'à jeudi, en fin de journée, tout le monde, parents d'élèves et personnel du secteur, s'attendait à une reprise des cours le 30 janvier.
D'autant plus que l'inspecteur de l'éducation nationale, Boualem Bellaouar, a bien laissé entendre, mardi le 26 janvier, sur les ondes de la radio nationale, que la reprise était maintenue pour le 30 janvier.
Ce n'est que jeudi, en fin de journée, que les services du Premier ministère avaient annoncé la prolongation d'une semaine de la suspension des cours.

Karim BENAMAR
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