Alger - A la une

«Ils sont inquiétantes à Alger!»



Retour à la case départ. Face au relâchement dans l'application des gestes barrières, le ministre de la Santé a brandi la menace du reconfinement. Abderrahmane Benbouzid n'a pas écarté cette possibilité en cas de recrudescence de la pandémie. «Cette décision relève des prérogatives du président de la République. Toutefois, si l'on note une dégradation de la situation sanitaire, on lui suggérera de recourir à une telle option», a-t-il affirmé, hier, à Alger, lors du Forum algérien d'investissement. Mais quand faudra-t-il tirer la sonnette d'alarme' «Si le nombre de contaminations quotidiennes se maintient au-dessus de la barre des 100 cas par jour, là il faudra s'inquiéter», a-t-il soutenu. Pour lui, la situation est, pour le moment, stable et maîtrisée. Néanmoins, il ne cache pas son inquiétude de voir les choses vite dégénérer. Il fait même un terrible aveu sur la situation sanitaire au niveau de la capitale. «Les chiffres que j'ai reçus, hier, (samedi, Ndlr) sont effrayants», a-t-il révélé, refusant de donner plus de détails. Une confession qui laisse croire que la 4e vague s'approche dangereusement d'Alger. Elle pourrait même être l'épicentre de ce «tsunami». D'ailleurs, les médecins, au niveau des structures hospitalières du Grand Alger, nous ont fait part d'une augmentation des consultations et des hospitalisations au niveau des services Covid. L'inquiétude est d'autant plus grande, du fait que la campagne de vaccination est quasiment à l'arrêt. Benbouzid fait savoir que seuls 24% de la population ont reçu au moins une dose de cet «antidote». Pis encore, le ministre de la Santé indique que de nombreux citoyens ne se sont pas présentés à leur rendez-vous pour se faire injecter la seconde dose. «C'est un comportement irresponsable, qui met en danger leur santé», peste-t-il. «Les études ont prouvé que ceux qui reçoivent une seule dose ont plus de risques d'être contaminés et de développer des formes graves de la maladie», a-t-il ajouté. Abderrahmane Benbouzid n'a donc pas caché ses inquiétudes de voir la 4e vague encore plus dévastatrice que les trois premières, car, avec le relâchement et le faible taux de vaccination, tous les ingrédients sont réunis pour un grand désastre sanitaire. On n'a pas su profiter de l'accalmie de ces deux derniers mois pour construire la «digue» de l'immunité sanitaire. Le ministère de la Santé et les membres du Comité scientifiques n'ont pas trouvé la «recette» adéquate pour convaincre les Algériens de la nécessité de se faire vacciner. Le «big day» du mois de septembre dernier, qui devait «booster» cette campagne, des plus moroses, a été un véritable échec. Pourtant, l'Etat a mobilisé des moyens humains et matériels très importants. Toutefois, la campagne de sensibilisation a été un échec et aucune mesure incitative n'a été mis en place, à l'image du pass sanitaire. Pourtant, les experts plaident, depuis plusieurs mois, son instauration. Le ministre de la Santé est resté, jusque-là, inflexible sur la question. Mais voyant la tournure que les choses sont en train de prendre, il semble s'être résigné à la réalité. Il a fait savoir que le Comité scientifique se penche sur l'instauration d'un passeport sanitaire pour l'accès à certains lieux publics et administrations. «Ce sera sur la demande de chacune de ces institutions», a-t-il souligné. Cette mesure sera-t-elle salvatrice ou arrive-t-elle en retard' Une chose est sûre: la 4e vague est à nos portes, pendant que 13 millions de vaccins «dorment» dans les frigos. Quel gâchis!
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