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Ils regardent le monde en dessin!



Ils regardent le monde en dessin!
Des bédéistes brésiliens mis à l'honneurC'est aujourd'hui que se tiendra la cérémonie de clôture à partir de 16h, suivra ensuite la présentation du film d'animation de la formation 2D/3D.Qu'ils soient d'origine espagnole, iranienne, libanaise, ou autre, chacun regarde le monde sous le prisme distancier de sa culture, sa sensitivité et les traces qu'ils en gardent. Ils vivent aujourd'hui tous en France et ce n'est pas fortuit s'ils ont été réunis autour de la thématique: «Ils regardent le monde». Eux, ce sont Antonia Neyrins, carnettiste, Vincent Zabus, scénariste, Hipolye, dessinateur de la fantaisie des dieux et l'ombre, Hamid RezaVassaf, auteur de Au pays des mollahs et Joseph Safieddine, scéariste de les lumières de Tyr. Pour d'aucuns, faire de la BD aujourd'hui s'apparente à un challenge en permanence, mais aussi une passion inconditionnelle. Il s'agit de rapporter des faits quand parfois des reporters de guerre échouent à le faire. La BD remplacera-t-elle ou s'apparente-elle dans ce cas à une chronique ou reportage en dessins' Assurément non, diront les intervenants qui souligneront la grande différence entre les moyens et les fins utilisés. Mais pourquoi dessiner' Pour Antonia Neyrins qui se définit comme une rebelle, faire des carnets s'est très tôt imposé à elle. Cette passion a- t-elle estimé est mue par «un feu intérieur» qui brûle depuis son enfance, ce qui lui a permis d'extérioriser déjà, petite ses envies et ses craintes. Si la BD commence par le goût esthétique d'abord, avec le temps, les motivations évoluent. Notre écrivaine carnettiste, artiste sans frontière, grande voyageuse (plus de 50 destinations) a la conscience aujourd'hui qu'elle bifurque vers la BD engagée de façon de faire découvrir aux autres ses différents voyages, mais aussi cultures et dénoncer ce qui ne va pas surtout dans certaines contrées comme le racisme à l'envers, en Afrique...On aurait pu écouter cette femme pendant des heures, tant ses récits de voyages sont des plus captivants et ses anecdotes succulents. Mais il fallait bien céder la place après, à une autre rencontre aussi bien intéressante celle-là, dédiée à la BD brésilienne, le pays invité d'honneur du Fibda cette année. Cette rencontre étonnera d'emblée ce spécialiste de la BD française, nous avouant qu'en France on ne verra jamais de telles fréquentations réunies dans une même table ronde, preuve des inimitiés et snobisme de certains artistes entre eux quand ils ne fréquentent pas ou ne font pas partie du même cercle et centre d'intérêt. Tant mieux pour nous dirions-nous alors! L'assistance, hélas, peu nombreuse a eu donc la chance d'avoir comme hôtes Bira Dantas, auteur et caricaturiste de Sao Paulo, Jacqueline Mouradian, responsable international de Mauricio de Sousa Production, Fabio Moon et Gabriel Ba, auteurs de Daytripper. Pour info, pays des séries télé à profusion, nous apprenons que beaucoup de télé novelas au Brésil ont été transformées en BD. Un style devenu tres populaire au Brésil. Il y est écoulé jusqu'à 3000 exemplaires, tandis que les mangas se taillent la part du lion avec 150.000 exemplaires édités pour les jeunes. L'humour fait bien vendre. Pour échapper à la dictature, les bédéistes se sont mis à la science-fiction et au trait caustique pour dénoncer plein de choses via l'humour. Plusieurs écoles forment à la BD au Brésil. Il existe en outre un festival consacré au 9e art qui est dispatché sur quatre villes, répondant aux goûts de tout le monde, les adultes, jeunes et enfants. La demande de faire une école de BD est en croissance bien que le film d'animation ait pris le dessus, mais c'est plus difficile d'évoluer dans ce secteur. Si la demande a pris de l'ampleur, reste que le marché demeure petit, nous apprend-on. «Avec l'avènement du nouveau président, il y a émergence d'une classe sociale moyenne, ce qui fait qu'il y a moins de famine. Les gens vont au cinéma, au théâtre et achètent des livres. Ce rempart entre les riches et les pauvres a changé et cela se traduit dans la BD» a fait savoir le bédéiste Bira Dantas. Les bédéistes au Brésil sont forts de deux grands collectifs ce qui fait bouger cette discipline au Brésil. S'agissant de l'image de la femme, celle-ci est représentée par Monica, une femme enfant, ce qui reflète d'emblée les caractéristiques d'une humeur spéciale made in Brésil. Pour en savoir plus sur le reste de la BD dans le monde, un petit tour au niveau de la libraire du Fibda s'impose. Celle-ci est bien achalandée en BD en tout genre, pour les grands et les petits, même si les tarifs restent parfois chers. Mais la faute incombe en premier lieu à la valeur du dinar algérien...En attendant, les enfants eux, continuent, juste à côté à jouer dans les ateliers et à apprendre le dessin avec deux associations, dont une venue d'Angoulême et qui s'est bien fait remarquer en mettant de l'ambiance au niveau du village du Festival international de la BD d'Alger et en travaillant aussi dans les écoles. Ce qui est en somme une très bonne chose. Et comme toute bonne chose a une fin, la clôture c'est ce soir!


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