Le directeur de la Sodimco (Société de distribution des matériaux de construction) blanchissait l'argent des commissions qu'il touchait dans ce trafic à travers une société de transport et une agence de location de voitures établies en France. Cinquante-quatre personnes ont été entendues par les enquêteurs de la section de recherche de la Gendarmerie nationale d'Alger dans le cadre de cette affaire.
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - En plus des responsables de ces sociétés publiques de distribution du ciment établies à El Harrach dans la wilaya d'Alger , les chefs des services commerciaux des deux sociétés, six intermédiaires, des prête-noms et témoins ont été entendus. Le réseau procède de manière si simple qu'elle trahissait les plus clairvoyants. Tout paraissait réglementaire du moment qu'aucun trou n'a été constaté dans la comptabilité des deux sociétés. Les responsables de ces sociétés, qui s'approvisionnaient à partir des cimenteries du Centre à hauteur de 3 000 tonnes par mois chacune, détournaient cette quantité de ciment au profit des intermédiaires qui, à leur tour, l'écoulaient au marché noir. Ainsi, les dépôts des sociétés ne recevaient pratiquement que 20 tonnes par mois. Le reste alimentait le marché parallèle. Les intermédiaires utilisaient dans ce trafic macabre des prête-noms. Des chômeurs recrutés dans leur totalité à Médéa. Les intermédiaires leur donnaient au début 12 à 19 millions de centimes en contrepartie d'un registre du commerce et 10 000 à 20 000 DA à chaque opération. Plutôt de l'argent de poche qui leur permet certainement de régler l'ardoise de plusieurs milliards de centimes chacun que les spéculateurs qui les utilisaient leur ont laissés chez l'administration fiscale. Les investigations des gendarmes ayant duré près de deux ans ont conduit à la découverte d'autres activités suspectes de l'un des directeurs des sociétés publiques de distribution de ciment. Pour blanchir l'argent sale gagné dans ce trafic, il achetait des devises auprès d'émigrés algériens. Ces derniers lui procuraient de l'euro en France qu'il payait ici en Algérie, en dinars. L'autre société au cœur de trafic est CMC qui activait dans le même créneau que la première. Les quantités écoulées par le réseau durant la seule période des investigations s'élèvent à hauteur de 150 000 tonnes pour une valeur de plusieurs centaines de millions d'euros. Les inculpés, soit cinq responsables des deux distributeurs publics, six intermédiaires, 24 jeunes chômeurs prêtant leurs noms, devront répondre des chefs d'inculpation suivants : abus de fonction, mauvaise gestion, constitution d'association de malfaiteurs pour les premiers, fraude fiscale, spéculation pour les autres. L'un des spéculateurs demeure en fuite, les autres ainsi que les responsables ont été placés sous mandat de dépôt.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L H
Source : www.lesoirdalgerie.com