Pas moins de quatorze chalutiers ne font plus de sorties en mer depuis le port d'Alger. Leurs patrons contestent les actuels alignements de référence délimitant les zones de pêche. Ils estiment que le décret fixant ces zones ne prend pas en considération la spécificité du port d'Alger et demandent un correctif.
Nawal Imès- Alger (Le Soir) - Rien ne va plus pour les pêcheurs au niveau du port d'Alger. Ils se disent victimes d'une législation qui ne prend pas en compte la nature du relief à Alger. Dans un rapport de situation établi par les concernés, ils évoquent «une situation difficile engendrée, entre autres, par l'application des arrêtés fixant les alignements de référence à partir desquels sont délimitées les zones de pêche». Ils rappellent que les zones de pêche sont délimitées par l'article 32 du décret 03-481 qui, disent-ils, ne tient compte que des distances. Or, rappellent-ils, une donnée fondamentale à la pêche n'est pas prise en compte : la profondeur minimale de 50 mètres autorisée à la pêche. Et d'ajouter qu'«il est important de rappeler que le relief sous-marin au large d'Alger est accidenté, son plateau continental est très étroit et c'est là que se trouve la majorité de la ressource». Les professionnels de la pêche considèrent que «la lecture de la carte des courbes de profondeur permet immédiatement de saisir le relief sous-marin spécifique à la baie d'Alger et de comprendre pourquoi les professionnels de la pêche se trouvent aujourd'hui fortement pénalisés par rapport à ceux d'autres ports de pêche, à l'est comme à l'ouest d'Alger, où les zones de pêche chalutables sont d'abord plus vastes grâce à un plateau continental plus étendu et sont en plus immédiatement accessibles à partir du port de pêche». Dans une lettre adressée à la directrice de la pêche de la wilaya d'Alger, le collectif des professionnels expliquent que «compte tenu des reliefs accidentés des fonds chalutables au niveau de la zone de pêche située à l'est de Cap Matifou jusqu'au large du port de Zemmouri, nous sommes souvent confrontés aux services des gardes-côtes à cause du non-respect de la zone interdite pendant la fermeture de la pêche» et ajoutent que «compte tenu de la longue immobilisation des navires en raison du mauvais temps, des quatre mois de fermeture de la pêche ainsi qu'à deux mois de panne, nous nous retrouvons avec 3 à 4 mois de travail effectif par an». Pour toutes ces raisons, ils demandent une permission exceptionnelle pour exploiter les crustacés de la zone objet d'interdiction pendant les quatre mois de fermeture de la pêche. La Direction de la pêche, qui les avait déjà reçus à ce sujet, n'a pour le moment pas donné de suites favorables à leurs doléances.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com