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Ils attendent tous l'après-Bouteflika pour reprendre «une activité normale»Analyse éco : les autres articles



Ils attendent tous l'après-Bouteflika pour reprendre «une activité normale»Analyse éco : les autres articles
-Pourra-t-on encore faire des affaires avec l'Algérie après le départ du président Bouteflika ' C'est sous différentes coutures la question qui turlupine chancelleries, investisseurs et journalistes étrangers. Le New York Times, The Economist, un ancien ministre des finances portuguais à la tête d'une holding, l'ambassadrice itinérante du Danemark, Monsieur coopération France-Algérie,... les visites se succèdent à Alger, avec comme trame de fond la fin imminente de l'ère Bouteflika en Algérie. Et des nouveaux contrats en suspens. «Une nouvelle conjoncture économique», disent les plus polis. Les questions sur le business ne sont pas, bien sûr, celles qui surviennent en premier. Qui succédera à Bouteflika ' Et que va-t-il se passer s'il ne veut pas partir, s'il s'accroche par exemple en faisant changer la constitution ou en entamant un 4e mandat après un simulacre d'élection présidentielle ' L'idée de reporter de grandes décisions d'investissement au-delà du printemps 2014 a fait son chemin chez les grands partenaires économiques de l'Algérie.Tout le monde aura bien noté que Jean Louis Levet, le facilitateur français dans la coopération économique entre Paris et Alger est reparti, la semaine dernière, d'Algérie en parlant beaucoup de nouveaux projets d'investissements directs français. Mais en n'en citant aucun. «Obligation de réserve», a t-il précisé. Une source du FCE affirme que si le haut chargé de mission français ne cite aucun projet, c'est qu'il n'en existe tout simplement encore aucun. Pas de nouveaux projets matures après Renault, Sanofi et Alstom, et l'extension de Lafarge. L'incertitude politique de l'après-Bouteflika n'est pas le seul motif d'attentisme.
Le cadre juridique gêne toujours. Le 51-49 bien sûr, mais aussi l'obligation de passer systématiquement par l'ANDI (l'agence de développement des investissements), pour un partenariat avec une partie algérienne. Même si le montant de l'investissement est ridiculement bas. L'incertitude sur l'engouement des investisseurs va jusqu'au secteur des hydrocarbures. La date du prochain projet appel d'offres de Alnaft est toujours floue. Il est pourtant plus qu'urgent de relancer la recherche-exploration sur le domaine minier algérien après près de dix années de patinage. La fiscalité désavantageuse pour les compagnies étrangères a été adoucie. Mais l'hésitation perdure. Comme si le ministre de l'Energie pressent un nouvel échec.
Les deux précédents appels d'offres d'Alnaft n'avaient pas attiré les grands acteurs internationaux de l'industrie pétro-gazière. Il n'y aura donc pas un rush d'investisseurs étrangers dans les mois qui viennent. Ce n'est pas pour cela pour le business avec l'Algérie va refluer. Car le programme d'équipements de l'Etat, lui, va se poursuivre. Même si sa voilure va tendanciellement se réduire. Au rythme de la baisse, puis de la disparition programmée des excédents de la balance de paiements. Il restera beaucoup de beaux contrats à gagner en Algérie. Même en phase de crise politique pour cause d'entêtement présidentiel à s'accrocher à la fonction. Finalement, les émissaires inquiets s'en vont un peu rassurés. Il n'était pas si facile de faire des affaires en Algérie sous le régime de Bouteflika. Cela ne sera donc pas nécessairement pire après. La 3G arrive seulement maintenant parce que l'Etat a cherché à casser coûte que coûte la valeur de Djezzy pour mieux la nationaliser.
Les Espagnols de Fertiberria qui ont remis sur pied l'ancienne Asmidal sont sur le point de recourir à l'arbitrage international. L'Agence de régulation des hydrocarbures, ARH, leur ayant réduit de 30% les fournitures de gaz dans le cadre d'une maladroite renégociation globale du pacte qui a fondé ce partenariat en 2005-2006. De nombreuses compagnies étrangères préfèrent différer le rapatriement de leurs dividendes, de peur de s'attirer les foudres du ministère des Finances. Après Bouteflika, les étrangers ne signeront plus en Algérie des partenariats déséquilibrés en leur faveur ' période 2000-2006 ' obtenus souvent avec des pots-de-vin. Ni ne subiront l'envers de cette période : des coups de force périodiques pour modifier la règle du jeu par la contrainte d'Etat. Ils signeront plus de partenariats équilibrés dans un cadre global à nouveau attractif. Et, une fois signés, l'Etat de droit se chargera de les faire respecter loyalement en protégeant toutes les parties. Voilà la réponse que beaucoup d'Algériens souhaiteraient donner. Un jour, peut-être, après Bouteflika.
-Abdelmalek Sellal a parlé, la banque d'Algérie a agi Normal, chacun est dans son rôle. Le dinar s'est déprécié d'environ 10% face à l'euro depuis la mi-juillet dernier. Hasard de calendrier, début juillet est la date de l'instruction confidentielle du premier ministre, rendue publique par Maghreb Emergent début septembre, sur la nécessité de réduire les importations, y compris en envisageant la restauration de l'autorisation d'importation pour certaines catégories de produits. Il y aura bien sûr toujours un très sympathique conseiller du gouverneur de la banque d'Algérie, spécialiste de la politique monétaire, qui va expliquer à l'opinion que la dépréciation du dinar est tout à fait mécanique car le dollar qui occupe la part la plus importante dans le panier de devises qui forment la valeur du dinar a baissé face à l'euro durant la période.
Pour cause de poursuite de la politique expansive de la Fed. Dollar américain plus faible donne dinar algérien plus faible. Sauf que la dépréciation du dinar a également touché la parité dollar-dinar. Certes plus modestement, il fallait à la fin de la semaine dernière 81,1 dinars pour acheter un dollar. 77 dinars étaient nécessaires à fin 2012. Mais la cible est encore mieux désignée. Si les exportations algériennes sont libellées en dollars, l'essentiel des importations l'est en euros. En fait, il fallait être bien naïf pour croire que les autorités économiques du pays n'allaient pas être tentées par l'usage du levier le plus direct pour pénaliser les importations : la dévaluation rampante de la monnaie nationale. Il existe un seuil de renchérissement des produits importés à partir duquel ils perdent des parts sur le marché domestique.
Ce seuil varie selon les produits. Il est d'autant plus haut que le produit ou le semi-produit importé n'est pas concurrencé par une production locale. Dans ce cas, il y aura surtout de l'inflation importée. Mais pas moins d'importations. Le glissement du dinar devra alors aller plus loin vers le bas pour obtenir l'effet escompté. Le pronostic ici est que cela ne se fera pas pour cause de blocage politique en vue. D'autant que les effets précis d'une dévaluation plus «sérieuse» ne sont pas bien cernées. A part celui d'être certain que ce n'est pas Abdelmadjid Sidi Saïd qui paralysera le pays si la dévaluation venait effacer par l'inflation les hausses de salaires des dernières années.
-Il a fallu accourir pour acheter la carte Al Jazeera Sport cette semaine. Pour cause de Clasico. Le vrai, entre Barcelone et le Real de Madrid. Une réflexion. Al Jazeera lève des revenus appréciables en Algérie. La carte d'abonnement avec 10 canaux coûte autour de 14 000 DA. Celle avec 8 canaux seulement, c'est-à-dire sans les images du championnat d'Angleterre, coûte 9000 DA. Le chiffre d'affaires d'Al Jazeera sport en Algérie est un mystère comptable. Par contre, ce que l'Algérie obtient d'Al Jazeera est connu. Rien. Pourtant, les droits de télévision mènent le monde. En tous les cas celui du football. Pour exemple, le match le plus regardé du monde s'est délocalisé ce samedi sur les fuseaux horaires, en descendant de l'habituel 21 heures à 17 heures, afin d'être suivi par plus de téléspectateurs à la fois en Amérique (mi-journée) et en Asie occidentale (milieu de soirée). Si Al Jazeera est si enragée pour la défense de ses droits TV exclusifs sur le satellite, c'est bien parce qu'elle les paye cher.
La balance service avec l'Algérie est déséquilibrée. Comment la rééquilibrer un peu pour ne pas être juste des clients du bouquet de la chaîne satellitaire ' En ouvrant les droits du championnat d'Algérie de football à la concurrence. C'est-à-dire en fait à Al Jazeera Sport. L'ENTV propose 120 millions DA par an à la LNF pour l'exclusivité des images. La LNF peut, pour le bien-être financier de ses clubs affiliés, tirer bien plus de sa gestion des droits d'images de la compétition qu'elle organise. Et même de celle de la seconde Ligue. Il suffirait de diviser les droits d'images en deux ou trois lots et de les soumettre à la concurrence. Avec obligation de maintenir un lot sur une chaîne sans péages. Tout cela, les dirigeants du football le savent bien sûr. Mais ils n'osent pas améliorer les revenus des clubs en cassant un monopole politique de fait. Comme tout le monde ils attendent. L'après-Bouteflika.
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