Les Etats-Unis viennent soutenir la politique antiterroriste de l'Algérie
L'après-El Gueddafi et la circulation des armes dans la région inquiètent les Américains.
Les Etats-Unis d'Amérique estiment qu'il y a actuellement une grande opportunité qui se présente à l'Algérie pour entamer des réformes. «Une occasion spéciale se présente au pays pour s'engager dans des réformes économiques et politiques qui répondraient aux aspirations du peuple» a déclaré hier, le secrétaire d'Etat adjoint américain pour les Affaires du Proche-Orient et l'Afrique du Nord, Jeffrey D.Feltman, lors d'une conférence de presse qu'il a organisée au siège de l'ambassade des Etats-Unis à Alger.
M. Feltman qui a été reçu par le Président Bouteflika, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, ainsi que le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines.
De même qu'il a affirmé avoir rencontré des représentants de la société civile sans préciser le nom des organisations rencontrées.
Le responsable américain a insisté sur le fait que la mise en oeuvre des réformes annoncées par le Président Bouteflika en avril dernier concerne en premier lieu le peuple algérien ainsi que son gouvernement. «C'est votre pays et c'est à vous de voir ce qui vous convient», a-t-il souligné tranchant ainsi avec les déclarations pressantes des Américains et selon lesquelles le rythme des réformes en Algérie est trop lent. «Il ne s'agit pas de penser que c'est nous qui insistons sur ces réformes. Elles doivent émaner des Algériens car il s'agit de leur pays. Personne ne connaît mieux qu'eux la voie qui s'impose pour tracer l'avenir du pays» a encore insisté le même responsable rappelant que «l'Algérie d'aujourd'hui est différente de celle d'il y a 15 ou 20 ans».
Cependant, M Feltman semblait insister sur l'objet exact de sa visite en Algérie qui intervient dans un contexte régional très particulier: la chute du régime libyen et les élections en Tunisie qui donnent le parti islamiste Ennadha comme premier favori. «Je suis en Algérie pour comprendre la position de votre pays sur ce qui passe dans la région», a-t-il affirmé ajoutant qu' «il est important pour nous de comprendre la position de l'Algérie concernant ce qui se passe dans la région et comment l'Algérie envisage la meilleure façon de soutenir les autorités de ce pays (Libye) en période de transition».
Le dossier libyen était donc le chapitre principal de l'entrevue accordée par les responsables algériens à leur hôte américain. «Nous comprenons que l'Algérie trouve qu'il est dans son intérêt de voir une transition en Libye qui réussisse et qui soit crédible et solide», a encore déclaré M. Feltman. Il s'agit donc de gérer aussi bien la transition en Libye mais également les conséquences de cette guerre sur la région.
La première conséquence concerne la circulation des armes qui inquiète au plus haut point. Les Etats-Unis sont «désireux de renforcer la coopération (avec l'Algérie) afin d'empêcher le trafic d'armes à partir de la Libye», a déclaré, lors d'une conférence de presse, M. Feltman en visite depuis dimanche en Algérie.
M. Feltman a été reçu par le Président Abdelaziz Bouteflika et s'est également entretenu avec le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci. «Le problème de la prolifération des armes a eu une place prioritaire lors de mes entretiens (avec les responsables algériens) car la prolifération des armes est grave», a ajouté M. Feltman.
Une partie du stock d'armes du dirigeant libyen pourrait déjà être entre les mains des rebelles du Darfour, des insurgés d'Al Qaîda au Maghreb islamique et d'autres extrémistes armés, ont prévenu des responsables de l'ONU au lendemain de la mort du dirigeant libyen. Au sujet de l'éventualité de l'instauration d'un Etat théocratique en Libye, M Feltaman a été quelque peu évasif. Qu'on en juge: «Pour qu'un gouvernement soit stable et réponde aux aspirations de son peuple, il doit être issu d'un consensus.»
En d'autres termes, un gouvernement islamiste élu et qui, par la suite, va instaurer un Etat théocratique ne dérangera pas outre mesure les Américains. Seulement voilà, M. Feltman se ressaisit en déclarant: «Nous pensons que toutes les parties ont le droit de participer à la gestion démocratique du pays à condition qu'elles respectent certains principes, dont le rejet de la violence, le consensus, le droit des minorités et celui des femmes.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim TAKHEROUBT
Source : www.lexpressiondz.com