Considérant qu'elle n'a pas pris en charge des catégories lourdement affectées par la tragédie nationale des années 90, des voix s'élèvent pour plaider l'élargissement de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale à ces cas et qui sont au nombre de 15.Mohamed Kebci - Alger (Le Soir)
Il y a huit ans était adoptée, par référendum populaire, la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. L'occasion pour le président de la Commission nationale chargée de son application, de revenir sur les bienfaits de cette loi puisque ayant grandement réussi à ramener la paix dans le pays, le terrorisme n'étant confiné, désormais, que dans certains endroits bien précis.
C'est ce qu'a déclaré, hier, Merouane Azzi, l'invité du Forum du quotidien El Moudjahid, estimant son application à «95%». Ceci, non sans faire part d'entraves administratives rencontrées au cours du long processus de sa mise en branle, liées principalement, selon lui, à des considérations d'ordre «mental et surtout idéologique». Azzi n'omettra pas de mettre en avant également des lacunes dont ledit texte souffrait, à ses yeux. Des manques et des oublis que ladite commission a inventoriés et résumés en quinze catégories. Dont le dossier des victimes du terrorisme, pour lequel il s'agira de reconsidérer les pensions et autres indemnités dérisoires qu'elles perçoivent, celui des détenus du Sud estimés à 18 000 personnes dont beaucoup n'arrivent toujours pas à avoir les fameuses décisions administratives les réhabilitant, les enfants nés au maquis (500) ou encore les femmes violées par les terroristes.
Des dossiers que le président de la Commission nationale chargée de l'application des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale soutiendra avoir remis au président de la République en mai 2011. Et à Azzi d'avouer que jusqu'à présent, aucune réponse ne lui est parvenue, ne perdant pas, néanmoins, l'espoir de voir sa doléance trouver écho favorable auprès du Président qui a, selon lui, toutes les prérogatives pour ce faire, l'article 47 de ladite loi lui conférant toute la latitude à l'effet de prendre des dispositions supplémentaires.
Considérant que tout repenti ayant rejoint le maquis a droit au bénéfice des dispositions de ladite charte portant paix et réconciliation nationale, Azzi tiendra à préciser que, parallèlement à cela, la lutte antiterroriste n'a jamais fléchi. Il en voudra pour preuve les 190 terroristes abattus depuis janvier dernier et les 24 autres qui se sont rendus à la même période, mettant en relief la professionnalisation dont font preuve les divers corps impliqués dans cette lutte implacable contre le terrorisme à travers, notamment, le renseignement.
Azzi évoquera aussi le cas de ces familles de disparus qui s'obstinent encore à tourner le dos à ladite charte en refusant les indemnités prévues par cette dernière. Des familles au nombre d'une vingtaine seulement sur les 7 144 inventoriées que le conférencier accuse tout simplement d'être de mèche avec des associations et autres ONG aussi bien locales qu'étrangères, qui voudraient rendre responsables les services de sécurité du pays dans la disparition des leurs.
Pour lui, ces associations, qu'il évitera soigneusement de citer, invitent ces familles de disparus, en contrepartie de pécules et de prise en charge complète, à faire des aveux auprès d'organismes des droits de l'Homme basés à Génève, Paris et Londres notamment, accusant les services de sécurité algériens d'être derrière la disparition des leurs.
Comprenant la douleur et l'immense chagrin de ces familles qui tiennent, selon lui, à ce que justice et vérité soient faites à propos de la disparition des leurs, le président de la Commission nationale chargée de l'application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale invitera ces dernières à faire échec à ces «accointances avec l'étranger», en consentant l'effort nécessaire dans le «seul et unique intérêt du pays».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com