
Autant il incarnait cette «force tranquille», ce partisan du dialogue sans exclusive pour certains, autant le personnage a traîné jusqu'à sa mort, tel un «boulet», selon ses adversaires, son opposition à l'annulation des élections législatives de décembre 1991. Autant dire qu'il était celui qui était cet éternel «incompris» parti sans avoir écrit le moindre mémoire de son long parcours, emportant avec lui bien des secrets.Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) - Autant de facettes de Abdelhamid Mehri puisque c'est de lui qu'il s'agit, qui ont été évoquées, hier, lors d'un hommage qui lui a été rendu au forum du quotidien El Moudjahid, à l'occasion du cinquième anniversaire de son décès, lui qui a rendu son ultime souffle, le 30 janvier 2012. Une évocation «au forceps» car les présents ont été expressément invités par les organisateurs à se limiter à la thématique, soit la «dimension maghrébine» de l'ex-ministre et ancien secrétaire général du FLN.Un volet abordé par Mohamed Belkacem, professeur d'histoire à l'Université d'Alger II, qui rappellera le rôle prépondérant de Mehri dans la fameuse conférence de Tanger, au Maroc, tenue du 27 au 30 avril 1958. Ce conclave, organisé à l'initiative du parti l'Istiqlal du Maroc, du néo-Destour de Tunisie et du FLN, était le premier pas concret de la volonté d'édifier l'union du Maghreb. Un projet d'unité et d'intégration des pays de la sous-région dans une grande fédération régionale qui demeure, encore de nos jours, un rêve pour certains et un slogan creux pour d'autres.Un projet qui avait également pour objectif de contrecarrer les velléités de Paris de mettre en branle sa funeste idée d'une Afrique du Nord liée à l'Hexagone, citant, pour ce faire, le fameux comité frontiste de l'outre-mer de Habib Bourguiba.Et au conférencier de révéler que la délégation du FLN à cette conférence allait s'en retirer après avoir pris connaissance d'une carte géographique du royaume chérifien qui englobait une bonne partie de l'ouest du pays, jusqu'à Chlef au nord et Ouargla au sud, en sus de bien d'autres pays du Sahel, que la délégation du parti Istiqlal faisait circuler. Un congrès qui a été, ceci dit, d'un apport à la révolution armée puisque, quelques mois après, ce qui constituait une des ses résolutions, soit la constitution d'un gouvernement provisoire, était matérialisé.Ceci pour la partie «coloniale» du parcours de Mehri, avant que Boudjemaâ Souilah ne rappelle certaines positions du défunt, à l'orée de l'ouverture démocratique du pays, et que bien des acteurs politiques lui reprochent encore comme à d'autres parmi ses pairs, le fameux contrat de Sant'Egidio du 13 janvier 1995. Tenant à préciser que Mehri «ne travaillait jamais seul, adepte qu'il était de la collégialité et du dialogue, l'intervenant, alors membre du bureau politique de l'ex-parti unique, ressassera l'opposition du personnage à l'interruption du processus électoral de décembre 1991. Une position qui était également celle de «tout le bureau politique du parti», signifiera-t-il. Et à Souilah de rappeler la fameuse rencontre de Mehri avec Ali Yahia Abdennour et le président de l'ex-parti dissous qui avait décliné la proposition du CNSA (Comité national pour la sauvegarde de l'Algérie), d'interrompre les élections législatives dont le FLN préparait le deuxième tour avec, soulignera-t-il, pas moins de 173 recours introduits.Et au moment où il évoquait le coup d'Etat scientifique qui a valu au défunt Mehri son poste de secrétaire général du FLN, le docteur en droit était invité à se limiter à «l'ordre du jour» de la rencontre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com