Le tout premier acte de dignité contre l'hydre islamiste était signé le 31 juillet 1994. Que dire de cette dignité troquée, 18 ans après, contre une paix faussement et chèrement retrouvée, quand les acteurs les plus en vue de cette mémorable épopée de résistance, les gardes communaux en l'occurrence, sont reniés dans leur combat au moment où les éternels ennemis de la nation sont chouchoutés et choyés.
M. Kebci -Alger (Le Soir) - On célébrait, hier, la constitution formelle, il y a 18 ans, du tout premier groupe d'auto-défense contre l'hydre intégriste islamiste, dans un petit village de Kabylie, avant que le «phénomène » ne fasse tache d'huile à travers l'ensemble du pays. C'était le 31 juillet 1994 quand les villageois d'Igoujdal, un tout petit village niché sur une colline faisant face à l'immense Méditerranée, tout près d'Azeffoun, ont héroïquement mis en échec une attaque terroriste de grande envergure. Une riposte qui sonna le glas de la «neutralité» muée en une «indifférence », voire une «complicité» relayées par les fameux «tubes» faisant croire que le «conflit» ne concernait que ses belligérants : les islamistes «privés» de leur victoire et les divers corps de sécurité et les citoyens qui s'y opposaient. Et à leur corps défendant, les paisibles villageois d'Igoujdal venaient de perpétuer et de pérenniser une tradition ancestrale d'un peuple insoumis qui ne se laisse pas piétiner dans sa dignité et son honneur. Une juste réappropriation des valeurs de liberté qui fera date et des émules à travers le moindre recoin de notre vaste pays où l'heure de la prise de conscience et de la mobilisation retentira et signera l'acte de décès de la résignation et de la démission. C'est ainsi que le mur du silence et de la peur a été brisé puisque d'innombrables groupes de légitime défense, de vigilance et de Patriotes «ont fleuri» partout pour faire barrage au terrorisme. Une peur qui n'aurait jamais pu changer de camp, pour reprendre Rédha Malek, alors chef du gouvernement, sans cet appel à la résistance lancé par Saïd Sadi. C'était un certain 21 mars quand l'ex-président du RCD invitait solennellement les Algériens à faire face au danger terroriste islamiste qui avait déjà commencé sa tristement célèbre «œuvre» d'élimination de tout ce que le pays comptait comme matière grise et forces vives qui osaient ne pas abdiquer et céder aux desiderata islamistes. Un appel «controversé» qui trouvait pourtant toute sa justification au vu de l'incapacité à cette époque de l'Etat à assurer la sécurité des biens et des personnes. Un nouvel état d'esprit qui allait durer le temps que le terrorisme soit vaincu militairement et tout le monde attendait la fructification politique de cette victoire qui n'aurait jamais pu être possible sans la sacrifice suprême de ces milliers de membres des groupes de légitime défense, de Patriotes et de gardes communaux aux côtés, bien entendu, des divers corps de sécurité. Car aussitôt les terroristes tenus en «respect», une nouvelle politique, celle de la réconciliation nationale, a pris place pour réhabiliter ces «égarés » auxquels la part belle est consacrée. Tout ceci au nom du fameux slogan de recouvrement d'une paix chèrement perdue mais qui se révèle, au fil des ans, tout aussi chèrement mais faussement retrouvée. Avec, notamment, la face cachée de ce choix politique que l'ex-président Zeroual n'a pas voulu assumer et qui se trouverait d'ailleurs derrière son départ. C'est le cas des gardes communaux dont le fond de la contestation qu'ils mènent ces jours-ci est révélateur d'une sorte de renversement de cet état d'esprit fait d'engagement et d'amour de la patrie. Un état d'esprit qui s'est mué au gré des concessions faites aux ennemis de la nation, en une indifférence, voire une ingratitude à l'égard de ceux qui, comme les gardes communaux, ont sauvé le pays du péril islamiste. Ceci pour dire que même 18 ans après, l'acte héroïque des villageois d'Igoudjal sonne encore par son esprit d'engagement sincère pour la sauvegarde de la République au moment où l'on s'évertue à «réhabiliter» et à «réintégrer» socialement les ennemis d'hier à coups de concessions idéologiques. Des «bonus» qui feraient certainement retourner dans leurs demeures éternelles Djaout, Boucebci, Alloula, Boukhebza, Medjoubi et autres tombés sous les balles assassines des terroristes. Et toujours en ce 18e anniversaire du sursaut citoyen d'Igoujdal, un tour du côté du camp de la dignité des gardes communaux, à Boufarik, est vivement recommandé pour s'imprégner au mieux de ce retournement de l'histoire toute récente de notre pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com