
La deuxième réunion de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO) s'est tenue hier à Alger pour débattre de la stratégie régionale antiacridienne et du volet financier de cette lutte notamment.Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - Le programme Empres de la CLCPRO dans sa deuxième phase porte, entre autres, sur la création d'un fonds régional consacré à la prévention acridienne dans la région occidentale de l'Afrique. Cette caisse, dont le montant de la collaboration ne dépasse pas les six millions, sera évidemment financée par les dix pays membres de la Commission, à savoir, l'Algérie, la Libye, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad, la Tunisie et le Burkina Faso. Mais pas que, puisque le fonds est «ouvert à la contribution d'autres donateurs et organisations internationales», a précisé le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdesselam Chelghoum.Pourquoi avoir axé sur la prévention, précisément dans la lutte antiacridienne, la phase de veille est déterminante pour la maîtrise de «cet insecte désastreux», ont indiqué ce dernier et le secrétaire exécutif de la CLCPRO, Mohamed Lemine Hamouny. Il faut savoir que le criquet pèlerin est susceptible d'étendre son invasion sur des millions d'hectares et de passer d'une frontière à une autre en quelques heures seulement ; alors que sa zone de reproduction initiale ne représente que 0,2% de son extension.La rapidité de sa propagation et de sa destruction des cultures et pâturages constitue «une véritable menace pour la sécurité alimentaire régionale», a rappelé le représentant de l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).Autre élément appuyant la prévention est que les interventions contre la recrudescence acridienne dans des situations d'urgence impliquent la mobilisation d'importants fonds financiers et l'utilisation de pesticides chimiques à outrance. Comme cela a été le cas entre 2003 et 2005 où 570 millions de dollars ont été engagés contre l'invasion acridienne qui a asphyxié la région, touché 8 millions d'individus, détruit 60% à 100% des cultures et 50% à 90% des pâturages.Naturellement, la détection précoce de tout développement anormal du criquet pèlerin est un énorme gain sur le plan financier et socioéconomique, d'où la concentration sur la prévention de ce phénomène aujourd'hui. Si l'action préventive des pays membres a été récompensée par la maîtrise du risque acridien et de sa recrudescence dans la région, d'autres défis menacent actuellement cette évolution.La prévention nécessite une collecte d'information optimale sur le terrain, or les zones d'insécurité dans la région (terrorisme et groupes armés) font entrave à cette tâche. L'utilisation des drones est ce qui se fait dans ce type de contexte, a indiqué le secrétaire exécutif de la CLCPRO. Mais ils ne permettent que l'obtention d'information sur le phénomène puisque l'intervention sur ces terres occupées reste risquée, voire souvent impossible.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.lesoirdalgerie.com