Une vue du ministère des Finances
Karim Djoudi a rassuré que son département ne va pas opérer des coupes sur les transferts sociaux, ni même sur le soutien des prix des matières premières.
La distribution de l'argent public à tout-va est-elle finie' Le gouvernement algérien qui s'est distingué ces deux dernières années par une politique de «dépensière» joue la prudence.
Le ministre des Finances, Karim Djoudi, a affirmé hier que la loi de finances 2013 prévoit un budget «de prudence» et non pas d'austérité, qui ne contient pas de restrictions sur la création de nouveaux postes budgétaires.
«Il n'y aura pas de programme de rigueur au sens économique du terme. Il y aura plutôt une gestion (des finances) beaucoup plus prudente», a déclaré M. Djoudi à la presse, lors d'un symposium des banques centrales africaines qui se tient à Alger. Le ministre a rassuré que le prochain budget de fonctionnement ne va pas opérer des coupes sur les transferts sociaux, ni même sur le soutien des prix des matières premières.
Mieux encore, le budget 2013 «va maintenir la cadence de l'investissement public, seul créateur actuellement de croissance et d'emplois», a-t-il dit.
«L'économie ne tire sa croissance, ne crée de l'emploi, ne distribue les revenus que s'il y a une demande publique forte. Si on devait la réduire elle aura un impact immédiat sur la vie des entreprises et l'emploi», a-t-il déclaré. M.Djoudi considère que l'important pour nous est de trouver le point d'équilibre d'une politique prudente en matière budgétaire et la nécessité de conserver la croissance économique, de l'emploi et de l'activité économique.
L'action du gouvernement sera axée sur l'achèvement du programme d'investissement en cours, qui sera complété par des projets nécessaires au développement du pays, enchaîne le ministre.
Cependant, ces déclarations s'inscrivent en porte à-faux des déclarations précédentes, faites par le même ministre lors de la clôture de la session de printemps du Parlement, le 2 juillet dernier. Le ministre avait déclaré, alors, qu «étant donné l'évolution de la situation économique du pays, nous serons obligés de toucher au niveau de nos dépenses». La première cible de cette politique sont, avait-il précisé, les nouveaux projets que les pouvoirs publics comptent lancer et qui peuvent être reportés. Ces déclarations étaient faites il y a près de deux mois lorsque les cours du pétrole empruntaient une tendance baissière, poussant les analystes à tirer la sonnette d'alarme. Les cours de brut évoluaient alors autour de 80 dollars, alimentant les craintes sur la capacité du pays à mener à terme ses projets d'investissement. Qu'a-t-il donc changé en deux mois' «Si cette tendance est une tendance qui est confortée dans le temps, nous sommes obligés bien évidemment d'avoir des reports de projets (...) Pour les nouveaux projets, nous allons étudier la situation et la priorité de ces projets et les capacités de nos financements», avait indiqué le ministre le 2 juillet dernier. A supposer donc que le gouvernement ait conclu que la tendance n'est pas inscrite dans la durée.
Toujours est-il, le ministre des Finances s'est abstenu, hier, de fournir plus de détail sur la loi de Finances 2013, approuvée, selon l'APS, déjà par le gouvernement. Côté emploi, le ministre a implicitement démenti les restrictions annoncées par la presse sur la création de nouveaux postes dans le secteur public.
Il affirme que tous les nouveaux investissements publics réceptionnés vont bénéficier de postes budgétaires et de ressources de fonctionnement.
Le ministre table sur une baisse du budget de fonctionnement pour 2013 du fait qu'il n'inclura pas des dépenses ponctuelles comme celui de 2012, qui a explosé par le versement des rappels des augmentations salariales.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim AIMEUR
Source : www.lexpressiondz.com