Par Youcef Salami
L'Algérie peut s'adapter à la situation actuelle du marché gazier international, marquée par une baisse de la demande, et n'éprouve aucune difficulté pour commercialiser son gaz naturel. «Les choses se passent correctement (...). Nous nous adaptons à la situation actuelle du marché» par rapport à la baisse de la demande de gaz en raison de la crise. C'est là les assurances exprimées, hier à Alger, par le ministre de l'Energie et des Mines, Youcef Yousfi, au sujet des prix du gaz à l'exportation.
Yousfi souligne qu'il «n'y a rien de dramatique dans cette situation, et que nous n'avons pas de difficultés actuellement en matière de commercialisation» du gaz. Pour le ministre, la concurrence n'a jamais posé de problème à l'Algérie pour la commercialisation de son gaz à l'international, rappelant «qu'il y a toujours eu de la concurrence depuis que le marché du gaz existe».
Toutefois, le contexte dans lequel évolue cette concurrence a changé ces dernières années, des acteurs du marché gazier pratiquant une sorte de dumping nuisible à des pays gaziers qui n'en font pas. Des pays comme le Qatar cassent ainsi les prix, favorisant le marché spot. C'est peut-être cela qui a fait dire au P-dg de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, qu'il était «difficile» pour l'Algérie de préserver les prix du gaz dans un contexte de crise économique qui affecte aussi bien la demande que les prix. «Notre marge de man'uvre est difficile, car il n'y a pas de reprise économique forte et, lorsqu'il n'y a pas de reprise forte, commander le marché n'est pas uniquement l'apanage de Sonatrach», a-t-il expliqué. A l'évidence, en temps de crise, chaque pays se débrouille comme il le peut. Le contexte de crise a fait qu'une clause contenue dans les contrats gaziers à long terme tourne à l'avantage des clients de Sonatrach. Et il en est qui demandent la révision des prix du gaz, car il y a bouleversement du marché. Et ces clients sont dans leur droit. Mais qui du client ou du fournisseur apprécie le mieux l'aspect bouleversement ' Souvent, il y a désaccord sur cette question. D'où le recours à l'arbitrage international. Dans son conflit avec l'italien Edison, Sonatrach a été débouté par la Chambre de commerce internationale. Il faut dire que la compagnie nationale n'en est pas à son premier conflit commercial. Elle a eu gain de cause dans le conflit qui l'opposait aux Espagnols de Gas Natural. Elle a en revanche perdu contre Edison, une petite entreprise tombée dans l'escarcelle d'EDF. Et quand une compagnie réussit à faire aboutir une affaire, d'autres sociétés veulent en faire de même.
C'est l'effet domino, une formule connue et dont le patron de Sonatrach atténue la conséquence. Sonatrach se savait perdante ' Les contrats même bien ficelés, accordant des droits à la Sonatrach, incluent malheureusement une clause, admissible sur le marché de l'énergie et chez tous les partenaires qui consiste à revoir les prix lorsqu'il y a bouleversement des marchés, rappelle Abdelhamid Zerguine.
Y. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Photo Riad
Source : www.latribune-online.com