Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA) s'en est violemment pris à l'administration qu'il accuse d'excès de zèle et de faire du«deux poids deux mesures» dans l'opération de contrôle des dossiers des candidats aux législatives du 10 mai prochain.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Amara Benyounès, qui s'est adressé ce jeudi aux têtes de liste du parti à ce scrutin, à l'hôtel Riadh de Sidi Fredj, n'a vraiment pas été tendre à l'endroit de l'administration qu'il a accusée de favoritisme flagrant au profit de certains partis qu'il se garde de nommer. Il en voudra pour preuve la stratégie du «deux poids deux mesures» adoptée dans le processus d'étude et de contrôle des dossiers des candidats à ces élections, faisant montre d'une application rigoureuse par-ci et de largesse par-là et la mise hors course de la liste du parti à Adrar que devait mener une femme, au motif qu'une candidate, de surcroît la toute dernière de ladite liste, figure sur une autre liste indépendante. Ceci au moment, dira-t-il, «où d'autres partis ont finalisé leurs listes en dehors des délais réglementaires, comme rapporté par les médias». Ce comportement est révélateur, pour Benyounès, du début d'une fraude que seule «une participation massive des citoyens est à même d'en venir à bout». Et ce, avant qu'il ne se contredise lourdement en accusant des partis de «dénoncer d'un côté des velléités de fraude et d'appeler d'un autre côté à une participation massive». Quoique le SG du MPA se soit ressaisi peu après lors d'un point de presse, en affirmant que ces partis qu'il montre du doigt tiennent ce double langage non sans arrière-pensée de surenchère, alors, que lui, se dit convaincu que cette élection «ne sera certes pas de celle ayant cours en Suisse ou en Suède mais qu'elle différera nettement des précédentes». L'ex-ministre de la Santé a invité les candidats de son parti, particulièrement les têtes de liste, à faire une campagne de proximité loin de l'insulte et de l'invective, notamment à l'endroit de leurs camarades des partis du camp nationaliste et démocratique. Entités avec lesquelles il n'exclut pas une alliance, une fois les résultats de cette élection connus. Benyounès affirmera que le parti a élaboré un programme électoral basé sur une trentaine de propositions claires à même d'intéresser les citoyens pour peu que, dira-t-il à l'adresse de ses candidats, que «vous les vulgarisiez au mieux». Car lui-même n'aura à animer que 24 meetings populaires (le premier à Mila et le dernier à Alger), le restant de la campagne étant du ressort exclusif des candidats.
Le parti toujours sans exécutif
Le parti, qui a tenu son congrès constitutif à la mi-février dernier, est toujours sans exécutif, que le SG a promis à parts égales entre les hommes et les femmes. Benyounès expliquera ce retard dans l'intronisation de son équipe qui doit avoir l'assentiment des membres du conseil national conformément aux statuts adoptés lors de ce congrès constitutif, par son souci de ne pas s'encombrer d'une contrainte de taille. «Les membres de l'exécutif se verront d'office candidats à ces législatives et c'est pour ne pas susciter des déceptions parmi ceux qui ne seront pas probablement retenus que cette installation n'interviendra qu'une fois ces législatives terminées, probablement vers la fin du mois de mai», expliquera Benyounès. Et à ce dernier de rebondir aussitôt pour expliquer les défections enregistrées chez les cadres du parti par le fait que parmi les concernés, «il y a ceux qui voulaient coûte que coûte piloter des listes et d'autres qui ne voulaient pas seconder une femme».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com